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Martine rentre de 3A

L’infini puits de sagesse qu’est John Green a écrit, dans son troisième livre, Paper Towns : “It is so hard to leave – until you leave. And then it’s the easiest goddamned thing in the world.”*

À environ 24 heures de mon départ de Londres, le jury n’a pas encore décidé si John Green avait complètement raison quant à sa deuxième phrase – je vérifierai ça demain. En revanche, je crois bien qu’il y a du vrai dans la première phrase : “It is hard to leave – until you leave”.

Ce qui est difficile, dans un départ, ce sont les dernières semaines, où on passe ses journées entières à partir, justement, et où l’on n’en finit plus de dire au revoir. Ce sont tous les pèlerinages du quotidien passés à se remémorer tous les bons moments qu’on a vécu, et à se dire qu’on ne sera plus là dans quelques semaines. Ce sont les affiches du métro qui annoncent des expositions qui commenceront une fois qu’on sera parti. C’est la voix off de la télé qui signale un prochain épisode de Gordon Behind Bars, la nouvelle émission de Gordon Ramsay, qu’on ne pourra pas voir.

Mais une fois que le jour J arrive, et que l’on n’a plus d’autre choix que d’emballer ses affaires et de s’en aller pour de bon, tout devient plus facile. Parce qu’au lieu d’être quelqu’un qui fait, on devient quelqu’un qui a fait. Et c’est bien aussi. En fait, il m’est arrivé de faire des choses plus pour le plaisir de les avoir faites que pour le plaisir ressenti au moment où elles se sont déroulées – faire le Space Mountain cinq fois de suite à Disneyland, par exemple. Dans le cas de mon année à Londres, je commence à me rendre compte que la satisfaction d’y avoir vécu pourrait peut-être – peut-être – se mesurer au pied que ça a été, d’y être pendant un an.

Il n’y a qu’à voir le carnet réservé à mes to-do lists pour comprendre que peu de choses dans la vie me procurent une satisfaction comparable à celle que j’éprouve en rayant d’un petit trait bien net un élément d’une liste de choses à faire. Or, en quittant Londres, je peux rayer un truc énorme, que beaucoup de personnes font figurer dans leur bucket list sans jamais passer à l’action. Vivre à l’étranger, c’était génial. Vivre avec la satisfaction de savoir qu’on l’a fait, ça doit être pas mal aussi.

Sur ce, je vais retourner à mes activités du jour, c’est-à-dire attendre mes parents, coincés sur les routes anglaises à bord d’une voiture pleine du mauvais type d’essence, trier mes affaires, et pleurer épisodiquement en écoutant Joan Baez.


* Ce que l’on pourrait traduire approximativement – je carbure uniquement au sucre, à la caféine et aux émotions contradictoires, je serais bien incapable de traduire autrement qu’approximativement – par : “C’est tellement difficile de partir – jusqu’à ce qu’on parte. Et alors c’est la plus facile foutue chose du monde.”


10 choses que j’ai apprises lors de mes dernières semaines à Londres

(N’allez pas croire que je suis déjà rentrée. Je suis toujours de l’autre côté de la Manche et il me reste très exactement dix jours entiers pour en profiter, alors pensez-vous, le départ n’est qu’une éventualité abstraite dans mon cœur pour l’instant) (en vrai non, il est une éventualité un peu trop concrète à mon goût). Toujours est-il que les experts sont formels et qu’une étude a démontré que j’étais en train de vivre les dernières semaines de mon année d’échange, qui se sont révélées très instructives.

1° Les Jubilés, c’est super cool.

Je ne pensais pas avoir l’occasion d’en célébrer un dans ma vie et mon âme française élevée au républicanisme pur jus a bien senti que quelque chose d’inédit était en train de se passer quand j’ai acclamé un monarque pour la première fois (j’avais l’impression d’être en 1712, grosso modo), mais j’ai vu la Reine, le Prince William et les (si beaux) cheveux de Kate Middleton alors pensez-vous, mon âme républicaine et moi avons vite fait abstraction de ces considérations politiques. Il se trouve que j’ai attrapé une laryngite carabinée en attendant le passage de la flotilla le jour de la parade navale sur la Tamise mais JE NE REGRETTE RIEN.

Par ailleurs, chanter Let it be en chœur avec Paul McCartney et quelques milliers de Britanniques une nuit dans Hyde Park (devant l’écran géant qui retransmettait le concert du Jubilée à Buckingham Palace), ça n’a pas de prix. Entendre le Prince Charles appeler la Reine “Mummy” non plus.

 2°La visite des Studios Warner de Harry Potter vaut vraiment le coup.

Morgane et moi avons frôlé la rupture d’anévrisme tellement tout ce qui se passait autour de nous dépassait l’entendement et les limites du fantastique. On a pris des photos dans le Grand Hall, bu de la Bièreaubeurre, déambulé sur le Chemin de Traverse (où l’on s’est recueillies devant la boutique des Frères Weasley), et scruté chaque détail du bureau de Dumbledore. C’était grandiose.

3° En revanche, il est très déconseillé de suivre les indications du contrôleur de train au retour de la visite desdits studios…

… Car un trajet direct de 20 minutes se transformera immanquablement en périple de 2 heures et demi en banlieue de Londres où il est impossible de recharger sa carte de transport à la station et de payer par carte bancaire à l’épicerie du coin où, en toute logique, il est possible de recharger sa carte de transport. On a bien cru qu’on ne reviendrai JAMAIS.

4° Le Regent’s Canal est probablement l’endroit le plus underrated de tout Londres.

J’entends par là qu’on n’en entend pas assez parler proportionnellement aux trésors que ses abords recèlent. C’est un immense canal qui part de Little Italy pour arriver à Camden. Entre les deux, il y a des coins formidables avec des péniches de toutes les couleurs, des jolies maisons qui ressemblent à des châteaux, et des gens qui dont de l’aviron. En gros, si le Jardin d’Eden avait eu un canal, ç’aurait été le Regent’s Canal.

5° Le passage piéton où les Beatles ont pris la photo qui fait la couverture d’Abbey Road est un vrai passage piéton.

Genre, avec des voitures, des taxis et des bus et aussi des gens qui veulent vraiment traverser et pas juste faire les guignols le temps de prendre une photo. Au péril de nos vies, Morgane et moi avons réussi cette immanquable étape touristique.

6° Brighton, c’est super cool.

Mais il est fort déconseillé de faire le mariole au bord de la mer, sous peine d’y tomber tout habillé.

(N.B. : Contrairement à ce que la réputation qui me précède pourrait laisser croire, je ne suis pas concernée par cette anecdote, qui est arrivée à une personne dont je protégerai l’anonymat car j’ai peur de me prendre un procès je suis gentille.)

7. Le Richmond Park est très, très, très (mais alors vraiment très) grand.

Adorable, hein, mais très grand. À l’heure où nous mettons sous presse, mes pieds se remettent toujours des trois heures de marche non-stop que Morgane et moi avons effectuées (en petites ballerines à la semelle fine comme du papier à cigarette, bien entendu) cet après-midi. Mais on a vu des biches avec leurs bébés faons PAR DIZAINES, alors encore une fois, nous ne regrettons rien.

8. Tant qu’on y est, Richmond est probablement l’un des boroughs les plus mignons de tout Londres.

Et il contient un très bon restaurant italien où Morgane et moi avons pu remplir nos estomacs creusés par toute cette marche.

9. Quand ils parlent de la Tamise, les Anglais disent “Thames”, mais sans prononcer le “h”.

Donc ils ne disent pas “Thames” comme dans “the” mais “Tames” comme dans “Travolta”. C’est parce qu’un jour un Roi s’est trompé dans la prononciation (il était allemand et ne parlait pas un mot d’anglais) (j’ai oublié quel Roi c’était exactement, probablement un George dont j’ai oublié le numéro) et comme c’était le Roi, personne n’a osé le contredire et c’est resté depuis. C’est en tout cas la théorie émise par la dame du commentaire audio de l’Original Tour en bus.

10. Il existe bel et bien des gens qui collent leurs fesses (nues) aux vitres des bus, en plein jour et en pleine rue.

Je m’en suis rendu compte pendant ce même Original Tour en bus – l’individu se trouvait au deuxième étage d’un bus rouge normal, tandis que moi j’étais perchée à l’étage de mon bus de touriste ouvert sur le dessus. J’avais donc une vue imprenable. Je n’aurai pas d’autre commentaire.


Dear diary

(Alors oui j’ai bien conscience que ça fait très conception du blog homologuée 1998 d’appeler un article “Dear diary”, mais en l’occurrence c’est assez approprié, donc voilà, je ne vous prends pas en traître.)

Parfois (voire souvent) (voire même la plupart du temps), quand je raconte dans le détail ce que j’ai fait sur ce blog, ce n’est pas uniquement par pur exhibitionnisme social, mais aussi pour que je puisse me rappeler de tout quand je serai rentrée à Paris.

Alors, chère moi du futur, quand tu seras repassée de l’autre côté de la Manche, souviens-toi :

– d’un concert de Atl-J au beau milieu de la gare de Saint Pancras.

– du British Museum. Saviez-vous qu’on y trouve la vraie momie de Cléopâtre? Ainsi que des animaux momifiés (dont un poisson)? Ainsi qu’une très grosse épée et une côte de maille beaucoup moins bien tissée que celles qu’on voit dans les films? Eh bien moi non plus.

On y trouve aussi les gardiens de l’enfer.

– d’un après-midi passé à lire dans un des trois parcs qui entourent le Palais de Buckingham (sauf qu’on ne sait jamais exactement dans quel parc on est, parce que rien ne ressemble plus à un parc qu’un autre parc).

– de la Foyles Library, de son café et de son méga shortbread recouvert d’une couche de caramel et d’une couche de chocolat (girl’s gotta eat). Mais surtout, de ses trois étages dans lesquels Morgane et moi avons bien fini par passer un après-midi entier.

– d’un autre après-midi passé à bavarder avec la même Morgane à Regent’s Park, de ses écureuils particulièrement peu farouches et limite agressifs (avez-vous déjà vu la lueur névrosée qui anime l’œil d’un écureuil attiré par la bouffe? Ça fait très peur) ainsi que du couple installé à quelques mètres, parfaitement adorable jusqu’à ce qu’ils décident de jouer du tambourin pendant trois quarts d’heure sans discontinuer.

C’était bien la première fois que j’avais peur d’un écureuil.

– d’un fabuleux tour en pédalo avec Stéphanie et Morgane (bon OK, je passe ma vie avec Morgane) dans Hyde Park, ou comment rester une lady tout en pédalant en robe (et par là-même en flashant tout individu situé dans un rayon de dix mètres).

– de la boutique de souvenirs du Victoria and Albert Museum, sorte de vortex du cool dans lequel tout touriste se trouve immanquablement attiré.

– de la séance de dédicace de Maureen Johnson et de Cassandra Clare à laquelle tu as assisté en réussissant à ne te ridiculiser qu’après d’un des deux auteurs susmentionnés (normalement je m’interdis d’aller à ce genre d’événements parce qu’il y a toujours un moment où je me couvre de ridicule). Déjà, il s’agit de deux auteurs de la catégorie Young Adult, et rassurez-vous tout de suite, je n’y suis pas allée uniquement pour la dédicace (il y a quelque chose qui me gêne un peu dans l’organisation d’une dédicace, j’ai toujours l’impression d’être un Roi Mage qui attend pour déposer son or, sa myrrhe ou son encens auprès du petit Jésus) mais aussi pour la conférence d’une heure et demi qui avait lieu avant dans le charmant Theatre Royal Stratford East. Et après je suis restée pour la dédicace. Notamment parce qu’on nous a distribué des chocolats gratuits dans la file d’attente. Il faut savoir que j’étais probablement la seule personne de l’assistance à n’avoir jamais lu un seul des livres de Cassandra Clare (mais j’en avais acheté un donc c’est bien que j’ai l’intention de le faire, notez-le s’il vous plaît, c’est important pour la suite). Et pendant qu’elle dédicaçait mon bouquin, il a fallu, BIEN ÉVIDEMMENT, qu’elle me demande si j’avais un personnage préféré. Or, sachez que je mens très bien mais très peu. Donc j’ai du lui avouer que je ne l’avais pas encore lu, son bouquin. Sauf que comme ce bouquin, c’était le cinquième tome d’une série, mon incapacité à ne serait-ce que nommer un de ses personnages prouvait aussi que je n’en avais jamais lu aucun. Voilà. Ce n’était pas embarrassant du tout. Non non non.

Mais bon, le théâtre était fort joli.


Cet article vous sera livré en trois parties et aucune sous-partie

…Parce que je n’ai jamais adhéré au concept de sous-partie (dire ça quand on est à Sciences Po équivaut à peu près à avouer qu’on n’aime pas les chiots, pour vous donner une idée de l’ampleur de ce coming-out).

1. J’ai passé mes examens, en anglais, et sur un clavier QWERTY

Comme vous le savez probablement, en Perfide Albion, les touches du clavier sont organisées dans un ordre différent du clavier français (contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas juste pour emmerder le monde, mais c’est pour que la position des touches reste intuitive par rapport aux lettres les plus utilisées dans chacune des langues) (ce qui ne m’a pas empêchée de chercher la touche “%” pendant cinq bonnes minutes, l’air bien dépité).

Ce fut l’occasion de découvrir l’organisation assez exotique de City University en matière d’examens : avant d’entrer dans la salle, on doit montrer ses mains aux examinateurs, des deux côtés, pour qu’il vérifie qu’on n’y a pas copié l’intégrale des travaux de Galtung et Ruge (à peu près les deux seuls sociologues dont on entend tout le temps parler quand on étudie le journalisme). Autant vous dire que la première fois je me suis bien demandé ce qu’il me voulait (un high-five, peut-être?), et quand j’ai compris, j’ai eu l’impression d’être un des Sept Nains quand Blanche-Neige vérifie qu’ils se sont bien lavé les mains.

Sinon, à City University, on n’envoie pas de convocation aux étudiants pour les examens mais on prend la peine de préciser avant le début de l’épreuve qu’en cas d’incendie il faudra évacuer la salle.

2. Je suis allée voir Avengers

(dans le cinéma de mon quartier, dont je tombe un peu plus amoureuse chaque jour) (non pas que ce soit un cinéma de quartier particulièrement charmant, en fait c’est une grosse machine industrielle qui fait partie des deux plus grandes chaînes de cinémas du pays, c’est juste qu’il a cela d’étonnant que quand on regarde le bâtiment de l’extérieur, on ne comprend pas comment il peut contenir autant de kilomètres de couloirs et de salles).

Dans la catégorie “effets collatéraux” d’Avengers, je suis bien entendu tombée amoureuse d’Iron Man (pardon mais ROBERT DOWNEY JUNIOR) (oui je trouve ça rigolo que les filles de 20 ans d’aujourd’hui l’aient érigé au rang de sex symbol alors que c’est plutôt l’idole d’une autre génération, non?) (je veux dire, regardez un peu la tronche qu’il avait sur l’affiche de Johnny Be Good en 1987).

Mais celui qui m’a le plus touchée, finalement, c’est Hulk. Parce qu’il y a un truc en Hulk qui fait que j’ai envie de lui faire des câlins (alors qu’il m’enverrait probablement valser). Je crois que c’est parce que je me suis mise en tête que le plus angoissant dans le cas de Hulk, ce n’est pas tant son incapacité à maîtriser sa colère, c’est l’angoisse générée par le fait qu’il ne sait pas envers quoi sa colère est dirigée. Du coup tout ce qu’il peut faire c’est continuer à crier et à frapper des trucs avec son poing, mais il ne trouve jamais la réponse à cette foutue question, et je ne sais pas pourquoi mais ça me paraît terriblement angoissant comme situation. Ça vient peut-être du fait que j’étais une grande claqueuse de portes quand je n’étais qu’une jeune pimbêche de treize ans et demi – parce que clairement, claquer des portes et défoncer des buildings à coups de poings, même combat. Cela étant dit, je reste persuadée qu’il existe des similitudes entre Hulk qui ne sait pas pourquoi il est énervé et encore moins comment se calmer et un adolescent aux hormones bouillonnantes qui ne comprend pourquoi d’un seul coup il déteste tout le monde alors que la minute d’avant il apprenait gentiment l’alphabet dans ses J’aime Lire. Dans les deux cas, ils ne peuvent rien faire d’autre qu’attendre que ça passe.

Quoiqu’il en soit, Tom Hiddleston, l’acteur qui joue Loki (alias l’homme au casque de chèvre), a résumé quasiment tous mes sentiments vis-à-vis de Hulk en trois phrases, dans un article (très bon, au demeurant) pour un des blogs du Guardian :

“The Hulk is the perfect metaphor for our fear of anger; its destructive consequences, its consuming fire. There’s not a soul on this earth who hasn’t wanted to “Hulk smash” something in their lives. And when the heat of rage cools, all that we are left with is shame and regret.”

3. Je crois qu’il faudrait plus d’une vie pour explorer tous les endroits cools de Londres

L’autre jour, j’ai déjeuné avec Morgane au Breakfast Club, un restaurant très cool et très branché de mon quartier qui sert des montagnes de pancakes sous des montagnes de crème à la vanille – et qui tient son nom d’un teen-movie des années 80.

On a déjeuné sous l’oeil bienveillant d’une Molly Ringwald de 17 ans, et en proche vicinalité d’un sosie de Bob Dylan époque 1962 (à ceci près que le sosie avait un peu plus de boutons et un peu moins de classe que l’original). Entre deux bouchées d’œufs florentine, on a discuté de cette espèce de mid-life crisis qu’on expérimente parfois vers vingt ans, quand on réalise que d’autres du même âge ont déjà écrit des bouquins, tourné dans des films, gagné des prix, enregistré des albums ou que sais-je encore alors que soi-même on galère encore pour trouver un stage.

Pour continuer dans la catégorie “endroits cools”, je suis allée courir au bord du Regent’s Canal et ce fut une grande révélation – un peu comme si vous découvriez que le placard de votre chambre contient en fait un passage vers Narnia. Juste en prenant un tournant inhabituel dans une rue de mon quartier, j’ai découvert un monde peuplé de hipsters, de joggeurs (dont une qui courait en leggings léopard), de saules pleureurs et de mini-cascades, avec des gens qui s’arrêtent pour lire à l’ombre, boire un café à la terrasse d’un restaurant où les serveurs peuvent aussi promener votre chien, ou visiter une friperie installée à bord d’une péniche.

Je vous laisse sur une photo du panneau du Breakfast Club ce matin :

C’est une référence à Hunger Games, pour ceux qui ne l’auraient pas lu – mais qu’est-ce que vous attendez?


Stonehenge et les aliens

Vous vous souvenez de ce jour où Morgane et moi avons voyagé jusqu’à Oxford en car et visité le Warwick Castle au passage? Eh bien, il y a un mois (il n’est jamais trop tard pour raconter un chouette voyage), on a retenté l’expérience, pour cette fois-ci nous rendre à Bath après un crochet par Stonehenge.

On s’est réveillées aux aurores (comprenez vers six heures du matin) et, dans un demi-sommeil, on a avalé un bol de céréales, enfilé nos tenues de touristes et chaussé nos rangers, et on est parties. Alors que vous visualisez intérieurement ce moment du récit, je vous demande d’inclure dans votre image mentale celle d’une feuille de papier pliée en deux sur mon bureau, c’est très important pour la suite.

On a marché jusqu’à la station de métro alors que je vérifiais ma montre nerveusement toutes les cinq minutes (comment Morgane a résisté à l’envie de glisser un sédatif dans mes Cheerios, je ne le saurai jamais), et c’est à l’arrivée du long escalator de la station d’Angel que j’ai réalisé que :

1° J’avais complètement oublié de vérifier que j’avais encore de l’argent sur mon compte (pratique pour acheter à manger pendant toute une journée et payer les entrées des moult attractions touristiques au programme)

2° Que je n’avais pas de liquide (et aucune idée de s’il était possible de payer par carte à Stonehenge) (je rêvais de voir Stonehenge depuis des années et d’un seul coup je me suis demandé si je n’allais pas en être réduite à observer les menhirs depuis le parking)

3° J’avais AUSSI complètement oublié mon billet pour le car (LA FEUILLE PLIÉE EN DEUX SUR MON BUREAU, C’ÉTAIT ÇA), ce qui compromettait donc ma participation tout entière à ce voyage (notons bien, si on m’avait interdit l’accès au car pour incapacité à présenter mon billet, les deux problèmes précédents auraient été réglés).

Finalement, j’ai pu retirer de l’argent dans la station de métro d’arrivée et les gentils organisateurs m’ont laissé monter dans le car (c’est-à-dire que la responsable m’a dit d’y aller, et je lui ai posé une question conne genre “Vous êtes sûre?”, elle a commencé à me répondre un truc, quelqu’un l’a interrompue avec une autre question, elle s’est retournée, et je me suis carapatée rejoindre Morgane dans le car sans demander mon reste).

On est arrivés à Stonehenge et, après un détour réglementaire par le snack (le problème, quand on se lève à six heures du matin, c’est qu’on a faim toute la matinée), on a enfin pu poser les yeux sur les menhirs tant attendus, avec à l’oreille le doux chant de l’audio-guide inclus dans le prix de la visite, même qu’on ne s’y attendait pas et que c’était une bonne surprise.

Si vous hésitiez à faire la route jusqu’à Stonehenge, je vous le dis sans aucun doute : FAITES LE. C’est super cool (bon après bien sûr on ne peut pas exactement aller tâter les pierres du bout du doigt mais d’un autre côté ça semble normal, si c’était possible Stonehenge serait déjà couvert de tags style “Bernad é Bianca été là le 2 déssambr lol xD”). L’audioguide évoque même la possibilité que Stonehenge ait été construit par des aliens et ça, pardonnez-moi, mais c’est un audioguide COOL. Sinon, bien entendu, le fait qu’on ne sache pas exactement pourquoi ni comment le site a été mis en place me fait TRÉPIGNER DE FASCINATION. Aussi, je ne le savais pas, mais les pierres sont enfoncées sur plusieurs mètres dans le sol, ça m’a achevée, C’EST BON STONEHENGE, PRENDS MON ÂME, MON INTÉGRITÉ INTELLECTUELLE, PRENDS, JE TE LES OFFRE DE BON CŒUR.

Après toutes ces émotions et un détour par le magasin de souvenirs, on a repris le car, et c’est par une succession de petites routes de campagne où notre énorme car n’avait rien à faire (j’ai passé mon temps à somnoler et à me réveiller en sursaut à chaque coup de frein, persuadée que la fin était proche), on est arrivées à Bath. Et là, les astres se sont alignés comme ils le font rarement : on crevait de faim (pour changer), on voulait manger rapidement, et le car s’est arrêté JUSTE EN FACE d’un petit café TROP MIGNON, à thème ALICE AU PAYS DES MERVEILLES (ça s’appelait The Mad Hatter’s Tea Party, mais rien à voir avec la politique américaine), avec des serveuses adorables qui servaient de la nourriture délicieuse et faite maison. QUE DEMANDE LE PEUPLE JE VOUS LE DEMANDE?

C’est donc ravies et rassasiées que nous nous sommes dirigées vers notre premier point de chute : LE JANE AUSTEN CENTRE. Rappelez-vous, j’ai visité Bath l’hiver dernier avec mes amies Bridgette et Suzanne (qui depuis sont retournées chez elles et même que c’est très triste), sauf qu’on était arrivées trop tard au Jane Austen Centre et qu’on avait du se contenter de la boutique de souvenirs (une très sympathique boutique de souvenirs au demeurant). Morgane étant aussi mordue de Jane Austen que moi, il n’était pas question de renouveler cet échec, et c’est avec un enthousiasme proche de la maniaquerie que j’ai payé mon ticket.

Aussi, Colin Firth (Mr. Darcy dans la version de la BBC d’Orgueil et Préjugés) était à l’entrée pour nous accueillir :

À l’intérieur, on a appris plein de choses sur Jane Austen et sa vie à Bath (qu’elle n’avait pas l’air d’apprécier énormément apparemment, mais c’est surtout parce qu’elle préférait la campagne) (elle parle de la ville à travers ses personnages dans Northanger Abbey et Persuasion)et on a pu essayer des bonnets dans le style de l’époque (et se prendre copieusement pour Elizabeth Bennett par la même occasion).

Sur ces belles aventures, on est repassées par des petites rues de Bath pour nous rendre aux Bains Romains – et là il faut quand même que je vous rappelle que j’ai visité les Bains Romains quatre fois dans ma vie, dont deux fois ces six derniers mois (“Mais pourquoi y es-tu retournée cette fois-ci, folle que tu es?” vous demandez-vous sûrement. Eh bien, parce que Morgane ne les avait pas encore vus. Voilà.). Mais je crois que je ne m’en lasserai jamais. Enfin, là, quand même, j’ai envisagé de demander un audioguide en coréen pour varier un peu, mais finalement je l’ai pris en français et c’était toujours très intéressant.

Pour finir la journée, et comme nous avions été des touristes très efficaces, on a eu le temps de se balader encore un peu et de visiter l’Abbaye.

Et c’est sur une citation de Northanger Abbey que j’ai décidé de terminer cet article (elle ne reflète pas la vision de Jane Austen vis-à-vis de Bath, en revanche elle résume bien le fond de ma pensée) : “I shall always be talking of Bath, when I am at home again — I do like it so very much. […] Oh! Who can ever be tired of Bath?“.


La schizophrénie

Je viens de vivre la parfaite conclusion à la Journée de l’Absurde que fut ce vendredi.

À 20h30, subitement, l’Internet a décidé d’arrêter de fonctionner. Ce qui aurait pu n’avoir aucune importance si je n’avais pas prévu de passer le vendredi soir à rédiger un essay sur le traitement des désastres naturels dans les médias et si j’avais eu pour projet de passer la soirée accoudée au comptoir d’un pub comme il se doit.

Sauf que j’étais censée bosser, donc, COMME TOUJOURS EN CE MOMENT, mais ça c’est un autre problème. Je suis donc descendue demander au mec de l’accueil ce qui se passait – il faut savoir que les soirs et les week-ends, le management de la résidence est remplacé par des gardiens, qui sont juste chargés d’assurer une présence mais qui n’ont vraiment aucune idée de ce qui se passe dans cette baraque. C’est pour ça que quand le mec de garde m’a annoncé que 1° le réparateur venait lundi (on est vendredi soir, hein, pour rappel), 2° il ne pouvait rien faire, j’ai été 1° peu surprise (il ne peut JAMAIS rien faire de toute façon), 2° d’un zen impeccable (du moins en apparence).

Je me suis donc barrée avec mes livres dans un sac et mon ordinateur dans un autre, prête à conquérir le wifi de l’université. J’ai donc retrouvé la bibliothèque de City et son ambiance post-apocalyptique du vendredi soir.

Sauf que non. L’Internet de l’université était cassé aussi. Quand j’ai compris ça, je me suis dit que la situation commençait vraiment à puer des aisselles, passez-moi l’expression.

Trouver du wifi un vendredi soir dans un lieu qui ne soit ni une habitation privée, ni une université relève de l’impossible. Je m’en suis rendu compte en faisant le tour du quartier en écoutant Wuthering Heights de Kate Bush – parce que je cherchais Internet avec un désespoir à la mesure de celui de Kathy quand elle cherche Heathcliff dans Les hauts de Hurlevent.


Les Starbucks étaient fermés, déjà, et les MacDo, ben je suis pas sûre qu’ils aient du wifi ici. Alors j’allais pas m’acheter un Big Mac juste pour avoir le droit de m’installer et m’apercevoir ensuite que non, ils n’avaient pas le wifi, et que je me retrouvais du coup avec un burger à 500 calories sur les bras.

C’est assez abattue que je suis rentrée chez moi, persuadée que je n’arriverai jamais à écrire cet essay, et, par extension, à valider mon année. J’avais l’impression d’être plongée dans cet épisode de Tomtom et Nana où Tomtom a une addition à faire mais n’arrive à s’installer nulle part pour travailler. J’ai branché mon câble Ethernet sans conviction, essayé de me connecter, et vu que ça ne marchait pas. Alors j’ai décidé d’appeler Morgane pour lui demander l’asile digital. Et là, au bout de deux sonneries, BAM, l’Internet a décidé de refonctionner. J’en déduis que Morgane est dotée de pouvoirs divins et qu’il faudra la béatifier un jour (ça comptera comme son miracle).

Mais revenons-en à ce vendredi de l’étrange, donc.

En ce moment, je nage en plein remake de la chanson de Natalie Imbruglia Torn (souviens-toi les années 90). C’est-à-dire que je suis déchirée (oui, DÉCHIRÉE) entre mon léger mal du pays (ce matin les larmes me sont venues aux yeux à la seule évocation du mot “maison”) et la conscience que plein de choses me manqueront quand j’aurai quitté Londres. C’est ce que j’appelle la schizophrénie de l’étudiant en 3A, et je trouve que c’est un mal méconnu dont on ne parle pas assez. En gros, j’ai deux maisons, et quand je suis dans l’une, l’autre me manque forcément.

(Ce paragraphe me tend bien trop de perches pour insérer encore plus de vidéos neuneu dans cet article, et je ne vois pas pourquoi je ne la saisirais pas: )

En même temps tout à l’heure j’ai failli pleurer parce que personne n’est venu s’asseoir à côté de moi en cours, donc je pense être de toute façon dans un état assez émotif en ce moment (d’ailleurs c’est la pleine Lune, coïncidence? Je ne crois pas).

Ce qui va me manquer, par exemple, c’est mon quartier. Indéniablement, Angel est un des quartiers les plus agréables de Londres et j’ai une chance folle d’y habiter. Jack le chat va me manquer. Le pub du coin de la rue, qui sent le houblon jusque sur le trottoir, va me manquer.

La bouffe (naturellement) aussi. Saviez-vous que je peux atteindre en à peu près 20 minutes de marche, 1° un YO! Sushi, mon fournisseur officiel et préféré de poisson cru, 2° un magasin qui vend des cupcakes avec la tête d’Elvis dessus (MAIS OÙ JE VAIS TROUVER ÇA À PARIS, FRANCHEMENT), 3° un Breakfast Club qui vend des montagnes de pancakes à prix modiques, 4° un pub qui fait un Sunday Roast (rôti du dimanche, littéralement) de malade, et bien d’autres merveilles encore, comme un Jamie’s Italian ou une Hummingbird Bakery. Aussi, j’ai pris l’habitude de manger des Cheerios tous les matins et JE NE SAIS PAS COMMENT JE VAIS FAIRE QUAND JE NE POURRAI PLUS EN ACHETER.

Il y a aussi des trucs liés à City University qui vont me manquer. La bibliothèque pleine de livres sur des matières que je n’étudie pas et qui me donne l’impression d’être Lisbeth Salander quand elle épluche les archives de la Vanger Corporation (mais là c’est vraiment un effet de la nostalgie parce que la biblothèque de l’université est moderne et bien éclairée alors que je crois que la salle d’archives de Lisbeth n’a même pas de fenêtres). Ou la Pool : je vous l’ai pas dit, je crois, mais avant, il y avait une piscine olympique dans l’université. UNE PISCINE OLYMPIQUE. Bon, le fait est qu’ils l’ont recouverte, et maintenant c’est une salle avec des ordinateurs. Mais avant les étudiants pouvaient aller faire un plongeon entre deux cours et il reste encore les cabines dans lesquelles ils allaient se changer (je crois qu’elles servent de placards à archives).

Je vais même regretter les cuisines communes dégueulasses où il se passe les trucs les plus farfelus – l’autre jour, depuis un couloir, j’ai aperçu un type tout simplement étalé de tout son long sur le comptoir, en train de bavarder gaiement avec son pote qui s’affairait près des plaques chauffantes.

Rentrer d’Oxford Street en bus va me manquer. Réussir à choper la place à l’avant du bus au deuxième étage d’un Double Decker va me manquer.

Bon en revanche, les coupures d’Internet me manqueront moins. C’est toujours ça, hein.


Oxford, capitale internationale du fail

Il y a quelques semaines, Morgane et moi sommes allées à Oxford, après avoir fait étape par le Warwick Castle. C’était super sympa mais clairement, l’univers était contre nous.

Mais avant que je vous explique pourquoi, ça fait bientôt un mois que je veux vous raconter que le 29 janvier on est allées voir les célébrations du Nouvel An chinois à Trafalgar Square. Il y avait le maire de Londres, des ténors venus du Pays du Soleil Levant et un feu d’artifice. Et j’ai eu des petits frissons dans le dos quand une magistrale voix off nous a expliqué que 2012 serait l’année du noble hearted dragon – indéniablement, ça ne peut être qu’un bon présage. Il y avait même des flammes et un dragon sous la statue de l’Amiral Nelson :

Aussi, on est allées voir une adaptation de Raison et sentiment de Jane Austen – J’ADORE Jane Austen. La pièce avait lieu dans un tout petit théâtre à l’arrière d’un pub (naturellement), c’était très mignon et cosy. C’était si petit qu’en sortant pour l’entracte, j’ai vu quelques accessoires et costumes posés sur une chaise derrière la porte de la salle, et que les acteurs jouaient plusieurs personnages.

Voilà, maintenant que j’ai rattrapé mon retard dans mon carnet de voyage (je suis Robinson Crusoé, rappelez-vous), je peux enchaîner sur le véritable sujet de cette note, OXFORD.

C’est de bon matin que, un samedi il y a quelques temps, je suis partie en retard de chez moi pour rejoindre Morgane à la station de métro Victoria (depuis laquelle nous devions rallier le théâtre où se joue la comédie musicale Billy Elliott pour rejoindre notre groupe de voyage). Alors que j’entamais une course folle dans les escalators, quelqu’un a tiré sur mon sac. Je me suis retournée, avec une lueur de terreur dans le regard, prête à enfoncer mes doigts dans les orbites de l’odieux voleur. Je ne l’ai pas fait. Et heureusement, parce qu’en fait c’était Morgane, qui venait de descendre du même métro que moi et n’arrivait pas à attirer mon attention parce que j’avais Charlie Winston à fond dans les oreilles (je n’ai sur mon Ipod que les chansons téléchargées à l’ère bénie dite “pré-HADOPI”, donc mes écoutes quotidiennes sont un peu estampillées 2005-2006, oui).

Bref, on est arrivées à temps pour rejoindre le groupe, on est montées dans le car, et on a bavardé gaiement pendant que des paysages enneigés dignes des hauts sommets des Alpes défilaient par les vitres du car (on se serait cru dans Into the wild, version Alaska).

Le car a effectué un premier arrêt au Warwick Castle, où on était censées pouvoir profiter d’un bon de réduction pour payer huit livres et quelques au lieu de vingt et quelques. Bon, il y a eu un léger malentendu avec la fille derrière le guichet, à base de “Il faut que vous soyez avec le groupe pour profiter de la réduction” – “Oui mais le groupe il est déjà rentré dans le château, on l’a laissé passer devant le temps de boire un thé parce qu’il fait -15” – “Je peux rien faire pour vous” -“Mais c’est ridicule ça revient au même, ils sont déjà à l’intérieur” -“Je peux rien faire pour vous.” -“Vous êtes passée en mode automatique, à ce que je vois.” -“Je peux rien faire pour vous” -“Et si j’appelle les responsables du groupe?” -“Je peux rien faire pour vous.” -“Bon, prenez-moi 20 livres qu’on en finisse.” (Ironie du sort, quand on a raconté cette histoire à la responsable après, elle nous a dit : “Oh mais vous auriez du m’appeler, y en a qui ont eu le même problème et je l’ai réglé.” -“GNAAAAAAAAH”).

Une fois à l’intérieur, on a pris des photos de la roseraie, où il y avait peu de roses mais beaucoup de neige, et c’était fort joli.

Puis, on a assisté à un spectacle de dressage d’oiseaux, où il y avait un bébé hibou nommé Bernie qui était la chose la plus mignonne de la terre. Aussi, à un moment, un aigle s’est envolé de l’endroit où avait lieu le spectacle pour aller se percher dans les buissons qui bordaient les remparts. Le dresseur, très relax, nous a expliqué qu’il ne voulait pas aller le chercher parce que sinon le zozio prendrait l’habitude et après il n’obéirait plus jamais. Sauf qu’une fois qu’on l’a retrouvé à deux mètres de nous, après qu’on se soit mis en tête de monter sur les remparts (pour continuer à visiter le château, quoi), on aurait bien aimé qu’il soit un peu plus Françoise Dolto que Super Nanny dans ses méthodes de dressage.

Bernie, la chose la plus mignonne du monde.

L'aigle rebelle sur son rempart.

Après ces belles aventures, on a visité une exposition dans un coin du château, dont je ne me souviens plus le nom, mais il y avait “gossips and scandals” dedans. En gros, tout était fait pour nous donner l’impression qu’on fréquentait un salon de la haute bourgeoisie de l’époque – et surtout, il y avait plein de mannequins grandeurs nature en costumes d’époque. Ce fut l’occasion pour Morgane de sursauter quand une vraie dame en costume d’époque nous a souhaité la bienvenue : “Oh my God, you’re real!” – “Yes, I am real.”

Sur ces entrefaites, on a rejoint le car et on tracé jusqu’à Oxord. Arrivée là-bas, on a classé notre déjeuner en haut de notre liste de priorités (rappelez-vous qu’on était debout depuis les petites heures du jour) et on s’est arrêtées dévorer une tourte dans un Prêt-à-manger. Ensuite, pleine de la naïveté propre aux touristes, on voulait, petites fleurs fragiles et pleines d’idéaux que nous étions, voir l’université d’Oxford.

Sauf qu’on ne l’a jamais trouvée.

Enfin, on en a trouvé des bouts, mais jamais un bâtiment principal avec marqué “Oxford University” dessus qui aurait pu faire l’objet d’une bonne photo touristique à accrocher au-dessus de la cheminée. On a vu le département de physique, le département d’informatique, et même le parc, mais jamais le bâtiment qui figurait sur le mini guide touristique fourni par la compagnie de voyage. On a pourtant demandé à des gens (une fille a même refusé de me parler en m’indiquant qu’elle devait aller au parc – oh oui, je suis sûre que tu as quelque chose de très urgent à faire AU PARC), on a suivi leurs indications, ET RIEN.

Puis, on est allées se réchauffer dans la librairie de la maison d’édition Oxford University Press – c’était très sympa, il y avait des fauteuils et des livres et il faisait chaud et on a bien failli ne jamais se relever. Entre-temps, on avait pris quelques photos de la Bodleian Library (une bibliothèque qui possède un exemplaire de CHAQUE LIVRE sorti en Angleterre depuis 1610) – on l’aurait bien visitée, mais c’était trop tard (il était AU MOINS quatre heures de l’après-midi).

À ce moment du récit, il nous un peu plus d’une heure avant le départ du car. On a donc voulu visiter rapidement l’Ashmolean Museum of Art and Archeology, qui présentait le double avantage d’être 1°connu, 2°très proche du lieu de rendez-vous pour le car. Sauf qu’à peine avait-on mis un pied dedans, un monsieur opiniâtre nous a dit de ressortir, parce que le musée était occupé par un événement privé.

Dépitées, on s’est baladées un peu avant de se résoudre à aller prendre une dernière tasse de thé dans un Costa Coffee avant le départ. SAUF QUE (ce voyage était sponsorisé par l’expression “sauf que”), alors qu’on faisait la queue patiemment, un type est venu nous informer que le système venait de tomber en panne et qu’il ne savait pas si, ni quand, ils allaient pouvoir le réparer.

Alors on a atterri au Starbucks, et on a sacré Oxford “capitale internationale du fail” (mais en vrai on était quand même contentes).