Cet article vous sera livré en trois parties et aucune sous-partie

…Parce que je n’ai jamais adhéré au concept de sous-partie (dire ça quand on est à Sciences Po équivaut à peu près à avouer qu’on n’aime pas les chiots, pour vous donner une idée de l’ampleur de ce coming-out).

1. J’ai passé mes examens, en anglais, et sur un clavier QWERTY

Comme vous le savez probablement, en Perfide Albion, les touches du clavier sont organisées dans un ordre différent du clavier français (contrairement à ce qu’on pourrait croire, ce n’est pas juste pour emmerder le monde, mais c’est pour que la position des touches reste intuitive par rapport aux lettres les plus utilisées dans chacune des langues) (ce qui ne m’a pas empêchée de chercher la touche “%” pendant cinq bonnes minutes, l’air bien dépité).

Ce fut l’occasion de découvrir l’organisation assez exotique de City University en matière d’examens : avant d’entrer dans la salle, on doit montrer ses mains aux examinateurs, des deux côtés, pour qu’il vérifie qu’on n’y a pas copié l’intégrale des travaux de Galtung et Ruge (à peu près les deux seuls sociologues dont on entend tout le temps parler quand on étudie le journalisme). Autant vous dire que la première fois je me suis bien demandé ce qu’il me voulait (un high-five, peut-être?), et quand j’ai compris, j’ai eu l’impression d’être un des Sept Nains quand Blanche-Neige vérifie qu’ils se sont bien lavé les mains.

Sinon, à City University, on n’envoie pas de convocation aux étudiants pour les examens mais on prend la peine de préciser avant le début de l’épreuve qu’en cas d’incendie il faudra évacuer la salle.

2. Je suis allée voir Avengers

(dans le cinéma de mon quartier, dont je tombe un peu plus amoureuse chaque jour) (non pas que ce soit un cinéma de quartier particulièrement charmant, en fait c’est une grosse machine industrielle qui fait partie des deux plus grandes chaînes de cinémas du pays, c’est juste qu’il a cela d’étonnant que quand on regarde le bâtiment de l’extérieur, on ne comprend pas comment il peut contenir autant de kilomètres de couloirs et de salles).

Dans la catégorie “effets collatéraux” d’Avengers, je suis bien entendu tombée amoureuse d’Iron Man (pardon mais ROBERT DOWNEY JUNIOR) (oui je trouve ça rigolo que les filles de 20 ans d’aujourd’hui l’aient érigé au rang de sex symbol alors que c’est plutôt l’idole d’une autre génération, non?) (je veux dire, regardez un peu la tronche qu’il avait sur l’affiche de Johnny Be Good en 1987).

Mais celui qui m’a le plus touchée, finalement, c’est Hulk. Parce qu’il y a un truc en Hulk qui fait que j’ai envie de lui faire des câlins (alors qu’il m’enverrait probablement valser). Je crois que c’est parce que je me suis mise en tête que le plus angoissant dans le cas de Hulk, ce n’est pas tant son incapacité à maîtriser sa colère, c’est l’angoisse générée par le fait qu’il ne sait pas envers quoi sa colère est dirigée. Du coup tout ce qu’il peut faire c’est continuer à crier et à frapper des trucs avec son poing, mais il ne trouve jamais la réponse à cette foutue question, et je ne sais pas pourquoi mais ça me paraît terriblement angoissant comme situation. Ça vient peut-être du fait que j’étais une grande claqueuse de portes quand je n’étais qu’une jeune pimbêche de treize ans et demi – parce que clairement, claquer des portes et défoncer des buildings à coups de poings, même combat. Cela étant dit, je reste persuadée qu’il existe des similitudes entre Hulk qui ne sait pas pourquoi il est énervé et encore moins comment se calmer et un adolescent aux hormones bouillonnantes qui ne comprend pourquoi d’un seul coup il déteste tout le monde alors que la minute d’avant il apprenait gentiment l’alphabet dans ses J’aime Lire. Dans les deux cas, ils ne peuvent rien faire d’autre qu’attendre que ça passe.

Quoiqu’il en soit, Tom Hiddleston, l’acteur qui joue Loki (alias l’homme au casque de chèvre), a résumé quasiment tous mes sentiments vis-à-vis de Hulk en trois phrases, dans un article (très bon, au demeurant) pour un des blogs du Guardian :

“The Hulk is the perfect metaphor for our fear of anger; its destructive consequences, its consuming fire. There’s not a soul on this earth who hasn’t wanted to “Hulk smash” something in their lives. And when the heat of rage cools, all that we are left with is shame and regret.”

3. Je crois qu’il faudrait plus d’une vie pour explorer tous les endroits cools de Londres

L’autre jour, j’ai déjeuné avec Morgane au Breakfast Club, un restaurant très cool et très branché de mon quartier qui sert des montagnes de pancakes sous des montagnes de crème à la vanille – et qui tient son nom d’un teen-movie des années 80.

On a déjeuné sous l’oeil bienveillant d’une Molly Ringwald de 17 ans, et en proche vicinalité d’un sosie de Bob Dylan époque 1962 (à ceci près que le sosie avait un peu plus de boutons et un peu moins de classe que l’original). Entre deux bouchées d’œufs florentine, on a discuté de cette espèce de mid-life crisis qu’on expérimente parfois vers vingt ans, quand on réalise que d’autres du même âge ont déjà écrit des bouquins, tourné dans des films, gagné des prix, enregistré des albums ou que sais-je encore alors que soi-même on galère encore pour trouver un stage.

Pour continuer dans la catégorie “endroits cools”, je suis allée courir au bord du Regent’s Canal et ce fut une grande révélation – un peu comme si vous découvriez que le placard de votre chambre contient en fait un passage vers Narnia. Juste en prenant un tournant inhabituel dans une rue de mon quartier, j’ai découvert un monde peuplé de hipsters, de joggeurs (dont une qui courait en leggings léopard), de saules pleureurs et de mini-cascades, avec des gens qui s’arrêtent pour lire à l’ombre, boire un café à la terrasse d’un restaurant où les serveurs peuvent aussi promener votre chien, ou visiter une friperie installée à bord d’une péniche.

Je vous laisse sur une photo du panneau du Breakfast Club ce matin :

C’est une référence à Hunger Games, pour ceux qui ne l’auraient pas lu – mais qu’est-ce que vous attendez?


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