Stonehenge et les aliens

Vous vous souvenez de ce jour où Morgane et moi avons voyagé jusqu’à Oxford en car et visité le Warwick Castle au passage? Eh bien, il y a un mois (il n’est jamais trop tard pour raconter un chouette voyage), on a retenté l’expérience, pour cette fois-ci nous rendre à Bath après un crochet par Stonehenge.

On s’est réveillées aux aurores (comprenez vers six heures du matin) et, dans un demi-sommeil, on a avalé un bol de céréales, enfilé nos tenues de touristes et chaussé nos rangers, et on est parties. Alors que vous visualisez intérieurement ce moment du récit, je vous demande d’inclure dans votre image mentale celle d’une feuille de papier pliée en deux sur mon bureau, c’est très important pour la suite.

On a marché jusqu’à la station de métro alors que je vérifiais ma montre nerveusement toutes les cinq minutes (comment Morgane a résisté à l’envie de glisser un sédatif dans mes Cheerios, je ne le saurai jamais), et c’est à l’arrivée du long escalator de la station d’Angel que j’ai réalisé que :

1° J’avais complètement oublié de vérifier que j’avais encore de l’argent sur mon compte (pratique pour acheter à manger pendant toute une journée et payer les entrées des moult attractions touristiques au programme)

2° Que je n’avais pas de liquide (et aucune idée de s’il était possible de payer par carte à Stonehenge) (je rêvais de voir Stonehenge depuis des années et d’un seul coup je me suis demandé si je n’allais pas en être réduite à observer les menhirs depuis le parking)

3° J’avais AUSSI complètement oublié mon billet pour le car (LA FEUILLE PLIÉE EN DEUX SUR MON BUREAU, C’ÉTAIT ÇA), ce qui compromettait donc ma participation tout entière à ce voyage (notons bien, si on m’avait interdit l’accès au car pour incapacité à présenter mon billet, les deux problèmes précédents auraient été réglés).

Finalement, j’ai pu retirer de l’argent dans la station de métro d’arrivée et les gentils organisateurs m’ont laissé monter dans le car (c’est-à-dire que la responsable m’a dit d’y aller, et je lui ai posé une question conne genre “Vous êtes sûre?”, elle a commencé à me répondre un truc, quelqu’un l’a interrompue avec une autre question, elle s’est retournée, et je me suis carapatée rejoindre Morgane dans le car sans demander mon reste).

On est arrivés à Stonehenge et, après un détour réglementaire par le snack (le problème, quand on se lève à six heures du matin, c’est qu’on a faim toute la matinée), on a enfin pu poser les yeux sur les menhirs tant attendus, avec à l’oreille le doux chant de l’audio-guide inclus dans le prix de la visite, même qu’on ne s’y attendait pas et que c’était une bonne surprise.

Si vous hésitiez à faire la route jusqu’à Stonehenge, je vous le dis sans aucun doute : FAITES LE. C’est super cool (bon après bien sûr on ne peut pas exactement aller tâter les pierres du bout du doigt mais d’un autre côté ça semble normal, si c’était possible Stonehenge serait déjà couvert de tags style “Bernad é Bianca été là le 2 déssambr lol xD”). L’audioguide évoque même la possibilité que Stonehenge ait été construit par des aliens et ça, pardonnez-moi, mais c’est un audioguide COOL. Sinon, bien entendu, le fait qu’on ne sache pas exactement pourquoi ni comment le site a été mis en place me fait TRÉPIGNER DE FASCINATION. Aussi, je ne le savais pas, mais les pierres sont enfoncées sur plusieurs mètres dans le sol, ça m’a achevée, C’EST BON STONEHENGE, PRENDS MON ÂME, MON INTÉGRITÉ INTELLECTUELLE, PRENDS, JE TE LES OFFRE DE BON CŒUR.

Après toutes ces émotions et un détour par le magasin de souvenirs, on a repris le car, et c’est par une succession de petites routes de campagne où notre énorme car n’avait rien à faire (j’ai passé mon temps à somnoler et à me réveiller en sursaut à chaque coup de frein, persuadée que la fin était proche), on est arrivées à Bath. Et là, les astres se sont alignés comme ils le font rarement : on crevait de faim (pour changer), on voulait manger rapidement, et le car s’est arrêté JUSTE EN FACE d’un petit café TROP MIGNON, à thème ALICE AU PAYS DES MERVEILLES (ça s’appelait The Mad Hatter’s Tea Party, mais rien à voir avec la politique américaine), avec des serveuses adorables qui servaient de la nourriture délicieuse et faite maison. QUE DEMANDE LE PEUPLE JE VOUS LE DEMANDE?

C’est donc ravies et rassasiées que nous nous sommes dirigées vers notre premier point de chute : LE JANE AUSTEN CENTRE. Rappelez-vous, j’ai visité Bath l’hiver dernier avec mes amies Bridgette et Suzanne (qui depuis sont retournées chez elles et même que c’est très triste), sauf qu’on était arrivées trop tard au Jane Austen Centre et qu’on avait du se contenter de la boutique de souvenirs (une très sympathique boutique de souvenirs au demeurant). Morgane étant aussi mordue de Jane Austen que moi, il n’était pas question de renouveler cet échec, et c’est avec un enthousiasme proche de la maniaquerie que j’ai payé mon ticket.

Aussi, Colin Firth (Mr. Darcy dans la version de la BBC d’Orgueil et Préjugés) était à l’entrée pour nous accueillir :

À l’intérieur, on a appris plein de choses sur Jane Austen et sa vie à Bath (qu’elle n’avait pas l’air d’apprécier énormément apparemment, mais c’est surtout parce qu’elle préférait la campagne) (elle parle de la ville à travers ses personnages dans Northanger Abbey et Persuasion)et on a pu essayer des bonnets dans le style de l’époque (et se prendre copieusement pour Elizabeth Bennett par la même occasion).

Sur ces belles aventures, on est repassées par des petites rues de Bath pour nous rendre aux Bains Romains – et là il faut quand même que je vous rappelle que j’ai visité les Bains Romains quatre fois dans ma vie, dont deux fois ces six derniers mois (“Mais pourquoi y es-tu retournée cette fois-ci, folle que tu es?” vous demandez-vous sûrement. Eh bien, parce que Morgane ne les avait pas encore vus. Voilà.). Mais je crois que je ne m’en lasserai jamais. Enfin, là, quand même, j’ai envisagé de demander un audioguide en coréen pour varier un peu, mais finalement je l’ai pris en français et c’était toujours très intéressant.

Pour finir la journée, et comme nous avions été des touristes très efficaces, on a eu le temps de se balader encore un peu et de visiter l’Abbaye.

Et c’est sur une citation de Northanger Abbey que j’ai décidé de terminer cet article (elle ne reflète pas la vision de Jane Austen vis-à-vis de Bath, en revanche elle résume bien le fond de ma pensée) : “I shall always be talking of Bath, when I am at home again — I do like it so very much. […] Oh! Who can ever be tired of Bath?“.


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