Oxford, capitale internationale du fail

Il y a quelques semaines, Morgane et moi sommes allées à Oxford, après avoir fait étape par le Warwick Castle. C’était super sympa mais clairement, l’univers était contre nous.

Mais avant que je vous explique pourquoi, ça fait bientôt un mois que je veux vous raconter que le 29 janvier on est allées voir les célébrations du Nouvel An chinois à Trafalgar Square. Il y avait le maire de Londres, des ténors venus du Pays du Soleil Levant et un feu d’artifice. Et j’ai eu des petits frissons dans le dos quand une magistrale voix off nous a expliqué que 2012 serait l’année du noble hearted dragon – indéniablement, ça ne peut être qu’un bon présage. Il y avait même des flammes et un dragon sous la statue de l’Amiral Nelson :

Aussi, on est allées voir une adaptation de Raison et sentiment de Jane Austen – J’ADORE Jane Austen. La pièce avait lieu dans un tout petit théâtre à l’arrière d’un pub (naturellement), c’était très mignon et cosy. C’était si petit qu’en sortant pour l’entracte, j’ai vu quelques accessoires et costumes posés sur une chaise derrière la porte de la salle, et que les acteurs jouaient plusieurs personnages.

Voilà, maintenant que j’ai rattrapé mon retard dans mon carnet de voyage (je suis Robinson Crusoé, rappelez-vous), je peux enchaîner sur le véritable sujet de cette note, OXFORD.

C’est de bon matin que, un samedi il y a quelques temps, je suis partie en retard de chez moi pour rejoindre Morgane à la station de métro Victoria (depuis laquelle nous devions rallier le théâtre où se joue la comédie musicale Billy Elliott pour rejoindre notre groupe de voyage). Alors que j’entamais une course folle dans les escalators, quelqu’un a tiré sur mon sac. Je me suis retournée, avec une lueur de terreur dans le regard, prête à enfoncer mes doigts dans les orbites de l’odieux voleur. Je ne l’ai pas fait. Et heureusement, parce qu’en fait c’était Morgane, qui venait de descendre du même métro que moi et n’arrivait pas à attirer mon attention parce que j’avais Charlie Winston à fond dans les oreilles (je n’ai sur mon Ipod que les chansons téléchargées à l’ère bénie dite “pré-HADOPI”, donc mes écoutes quotidiennes sont un peu estampillées 2005-2006, oui).

Bref, on est arrivées à temps pour rejoindre le groupe, on est montées dans le car, et on a bavardé gaiement pendant que des paysages enneigés dignes des hauts sommets des Alpes défilaient par les vitres du car (on se serait cru dans Into the wild, version Alaska).

Le car a effectué un premier arrêt au Warwick Castle, où on était censées pouvoir profiter d’un bon de réduction pour payer huit livres et quelques au lieu de vingt et quelques. Bon, il y a eu un léger malentendu avec la fille derrière le guichet, à base de “Il faut que vous soyez avec le groupe pour profiter de la réduction” – “Oui mais le groupe il est déjà rentré dans le château, on l’a laissé passer devant le temps de boire un thé parce qu’il fait -15” – “Je peux rien faire pour vous” -“Mais c’est ridicule ça revient au même, ils sont déjà à l’intérieur” -“Je peux rien faire pour vous.” -“Vous êtes passée en mode automatique, à ce que je vois.” -“Je peux rien faire pour vous” -“Et si j’appelle les responsables du groupe?” -“Je peux rien faire pour vous.” -“Bon, prenez-moi 20 livres qu’on en finisse.” (Ironie du sort, quand on a raconté cette histoire à la responsable après, elle nous a dit : “Oh mais vous auriez du m’appeler, y en a qui ont eu le même problème et je l’ai réglé.” -“GNAAAAAAAAH”).

Une fois à l’intérieur, on a pris des photos de la roseraie, où il y avait peu de roses mais beaucoup de neige, et c’était fort joli.

Puis, on a assisté à un spectacle de dressage d’oiseaux, où il y avait un bébé hibou nommé Bernie qui était la chose la plus mignonne de la terre. Aussi, à un moment, un aigle s’est envolé de l’endroit où avait lieu le spectacle pour aller se percher dans les buissons qui bordaient les remparts. Le dresseur, très relax, nous a expliqué qu’il ne voulait pas aller le chercher parce que sinon le zozio prendrait l’habitude et après il n’obéirait plus jamais. Sauf qu’une fois qu’on l’a retrouvé à deux mètres de nous, après qu’on se soit mis en tête de monter sur les remparts (pour continuer à visiter le château, quoi), on aurait bien aimé qu’il soit un peu plus Françoise Dolto que Super Nanny dans ses méthodes de dressage.

Bernie, la chose la plus mignonne du monde.

L'aigle rebelle sur son rempart.

Après ces belles aventures, on a visité une exposition dans un coin du château, dont je ne me souviens plus le nom, mais il y avait “gossips and scandals” dedans. En gros, tout était fait pour nous donner l’impression qu’on fréquentait un salon de la haute bourgeoisie de l’époque – et surtout, il y avait plein de mannequins grandeurs nature en costumes d’époque. Ce fut l’occasion pour Morgane de sursauter quand une vraie dame en costume d’époque nous a souhaité la bienvenue : “Oh my God, you’re real!” – “Yes, I am real.”

Sur ces entrefaites, on a rejoint le car et on tracé jusqu’à Oxord. Arrivée là-bas, on a classé notre déjeuner en haut de notre liste de priorités (rappelez-vous qu’on était debout depuis les petites heures du jour) et on s’est arrêtées dévorer une tourte dans un Prêt-à-manger. Ensuite, pleine de la naïveté propre aux touristes, on voulait, petites fleurs fragiles et pleines d’idéaux que nous étions, voir l’université d’Oxford.

Sauf qu’on ne l’a jamais trouvée.

Enfin, on en a trouvé des bouts, mais jamais un bâtiment principal avec marqué “Oxford University” dessus qui aurait pu faire l’objet d’une bonne photo touristique à accrocher au-dessus de la cheminée. On a vu le département de physique, le département d’informatique, et même le parc, mais jamais le bâtiment qui figurait sur le mini guide touristique fourni par la compagnie de voyage. On a pourtant demandé à des gens (une fille a même refusé de me parler en m’indiquant qu’elle devait aller au parc – oh oui, je suis sûre que tu as quelque chose de très urgent à faire AU PARC), on a suivi leurs indications, ET RIEN.

Puis, on est allées se réchauffer dans la librairie de la maison d’édition Oxford University Press – c’était très sympa, il y avait des fauteuils et des livres et il faisait chaud et on a bien failli ne jamais se relever. Entre-temps, on avait pris quelques photos de la Bodleian Library (une bibliothèque qui possède un exemplaire de CHAQUE LIVRE sorti en Angleterre depuis 1610) – on l’aurait bien visitée, mais c’était trop tard (il était AU MOINS quatre heures de l’après-midi).

À ce moment du récit, il nous un peu plus d’une heure avant le départ du car. On a donc voulu visiter rapidement l’Ashmolean Museum of Art and Archeology, qui présentait le double avantage d’être 1°connu, 2°très proche du lieu de rendez-vous pour le car. Sauf qu’à peine avait-on mis un pied dedans, un monsieur opiniâtre nous a dit de ressortir, parce que le musée était occupé par un événement privé.

Dépitées, on s’est baladées un peu avant de se résoudre à aller prendre une dernière tasse de thé dans un Costa Coffee avant le départ. SAUF QUE (ce voyage était sponsorisé par l’expression “sauf que”), alors qu’on faisait la queue patiemment, un type est venu nous informer que le système venait de tomber en panne et qu’il ne savait pas si, ni quand, ils allaient pouvoir le réparer.

Alors on a atterri au Starbucks, et on a sacré Oxford “capitale internationale du fail” (mais en vrai on était quand même contentes).


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