Monthly Archives: March 2012

Stonehenge et les aliens

Vous vous souvenez de ce jour où Morgane et moi avons voyagé jusqu’à Oxford en car et visité le Warwick Castle au passage? Eh bien, il y a un mois (il n’est jamais trop tard pour raconter un chouette voyage), on a retenté l’expérience, pour cette fois-ci nous rendre à Bath après un crochet par Stonehenge.

On s’est réveillées aux aurores (comprenez vers six heures du matin) et, dans un demi-sommeil, on a avalé un bol de céréales, enfilé nos tenues de touristes et chaussé nos rangers, et on est parties. Alors que vous visualisez intérieurement ce moment du récit, je vous demande d’inclure dans votre image mentale celle d’une feuille de papier pliée en deux sur mon bureau, c’est très important pour la suite.

On a marché jusqu’à la station de métro alors que je vérifiais ma montre nerveusement toutes les cinq minutes (comment Morgane a résisté à l’envie de glisser un sédatif dans mes Cheerios, je ne le saurai jamais), et c’est à l’arrivée du long escalator de la station d’Angel que j’ai réalisé que :

1° J’avais complètement oublié de vérifier que j’avais encore de l’argent sur mon compte (pratique pour acheter à manger pendant toute une journée et payer les entrées des moult attractions touristiques au programme)

2° Que je n’avais pas de liquide (et aucune idée de s’il était possible de payer par carte à Stonehenge) (je rêvais de voir Stonehenge depuis des années et d’un seul coup je me suis demandé si je n’allais pas en être réduite à observer les menhirs depuis le parking)

3° J’avais AUSSI complètement oublié mon billet pour le car (LA FEUILLE PLIÉE EN DEUX SUR MON BUREAU, C’ÉTAIT ÇA), ce qui compromettait donc ma participation tout entière à ce voyage (notons bien, si on m’avait interdit l’accès au car pour incapacité à présenter mon billet, les deux problèmes précédents auraient été réglés).

Finalement, j’ai pu retirer de l’argent dans la station de métro d’arrivée et les gentils organisateurs m’ont laissé monter dans le car (c’est-à-dire que la responsable m’a dit d’y aller, et je lui ai posé une question conne genre “Vous êtes sûre?”, elle a commencé à me répondre un truc, quelqu’un l’a interrompue avec une autre question, elle s’est retournée, et je me suis carapatée rejoindre Morgane dans le car sans demander mon reste).

On est arrivés à Stonehenge et, après un détour réglementaire par le snack (le problème, quand on se lève à six heures du matin, c’est qu’on a faim toute la matinée), on a enfin pu poser les yeux sur les menhirs tant attendus, avec à l’oreille le doux chant de l’audio-guide inclus dans le prix de la visite, même qu’on ne s’y attendait pas et que c’était une bonne surprise.

Si vous hésitiez à faire la route jusqu’à Stonehenge, je vous le dis sans aucun doute : FAITES LE. C’est super cool (bon après bien sûr on ne peut pas exactement aller tâter les pierres du bout du doigt mais d’un autre côté ça semble normal, si c’était possible Stonehenge serait déjà couvert de tags style “Bernad é Bianca été là le 2 déssambr lol xD”). L’audioguide évoque même la possibilité que Stonehenge ait été construit par des aliens et ça, pardonnez-moi, mais c’est un audioguide COOL. Sinon, bien entendu, le fait qu’on ne sache pas exactement pourquoi ni comment le site a été mis en place me fait TRÉPIGNER DE FASCINATION. Aussi, je ne le savais pas, mais les pierres sont enfoncées sur plusieurs mètres dans le sol, ça m’a achevée, C’EST BON STONEHENGE, PRENDS MON ÂME, MON INTÉGRITÉ INTELLECTUELLE, PRENDS, JE TE LES OFFRE DE BON CŒUR.

Après toutes ces émotions et un détour par le magasin de souvenirs, on a repris le car, et c’est par une succession de petites routes de campagne où notre énorme car n’avait rien à faire (j’ai passé mon temps à somnoler et à me réveiller en sursaut à chaque coup de frein, persuadée que la fin était proche), on est arrivées à Bath. Et là, les astres se sont alignés comme ils le font rarement : on crevait de faim (pour changer), on voulait manger rapidement, et le car s’est arrêté JUSTE EN FACE d’un petit café TROP MIGNON, à thème ALICE AU PAYS DES MERVEILLES (ça s’appelait The Mad Hatter’s Tea Party, mais rien à voir avec la politique américaine), avec des serveuses adorables qui servaient de la nourriture délicieuse et faite maison. QUE DEMANDE LE PEUPLE JE VOUS LE DEMANDE?

C’est donc ravies et rassasiées que nous nous sommes dirigées vers notre premier point de chute : LE JANE AUSTEN CENTRE. Rappelez-vous, j’ai visité Bath l’hiver dernier avec mes amies Bridgette et Suzanne (qui depuis sont retournées chez elles et même que c’est très triste), sauf qu’on était arrivées trop tard au Jane Austen Centre et qu’on avait du se contenter de la boutique de souvenirs (une très sympathique boutique de souvenirs au demeurant). Morgane étant aussi mordue de Jane Austen que moi, il n’était pas question de renouveler cet échec, et c’est avec un enthousiasme proche de la maniaquerie que j’ai payé mon ticket.

Aussi, Colin Firth (Mr. Darcy dans la version de la BBC d’Orgueil et Préjugés) était à l’entrée pour nous accueillir :

À l’intérieur, on a appris plein de choses sur Jane Austen et sa vie à Bath (qu’elle n’avait pas l’air d’apprécier énormément apparemment, mais c’est surtout parce qu’elle préférait la campagne) (elle parle de la ville à travers ses personnages dans Northanger Abbey et Persuasion)et on a pu essayer des bonnets dans le style de l’époque (et se prendre copieusement pour Elizabeth Bennett par la même occasion).

Sur ces belles aventures, on est repassées par des petites rues de Bath pour nous rendre aux Bains Romains – et là il faut quand même que je vous rappelle que j’ai visité les Bains Romains quatre fois dans ma vie, dont deux fois ces six derniers mois (“Mais pourquoi y es-tu retournée cette fois-ci, folle que tu es?” vous demandez-vous sûrement. Eh bien, parce que Morgane ne les avait pas encore vus. Voilà.). Mais je crois que je ne m’en lasserai jamais. Enfin, là, quand même, j’ai envisagé de demander un audioguide en coréen pour varier un peu, mais finalement je l’ai pris en français et c’était toujours très intéressant.

Pour finir la journée, et comme nous avions été des touristes très efficaces, on a eu le temps de se balader encore un peu et de visiter l’Abbaye.

Et c’est sur une citation de Northanger Abbey que j’ai décidé de terminer cet article (elle ne reflète pas la vision de Jane Austen vis-à-vis de Bath, en revanche elle résume bien le fond de ma pensée) : “I shall always be talking of Bath, when I am at home again — I do like it so very much. […] Oh! Who can ever be tired of Bath?“.


The fault in our stars

J’étais en train de regarder un épisode de New Girl quand j’ai subitement réalisé que tout ce que j’avais vraiment envie de faire, c’était de vous parler de The fault in our stars en mangeant du chocolat de Pâques en avance (à ajouter à la liste des avantages de l’expatriation : recevoir mon chocolat de Pâques en avance parce que ma chère mère m’a rendu visite le weekend dernier).

The fault in our stars est le dernier bouquin de John Green, qui est un auteur américain d’environ quarante ans qui vit en Indiana avec son fils, Henry (qui doit avoir un ou deux ans) et sa femme, Sarah, alias The Yeti (parce qu’on ne la voit jamais mais qu’on en parle parfois) et écrit de la littérature pour jeunes adultes – et qui est accessoirement, aussi, mon nouveau héros étoilé.

Il est connu sur Internet pour avoir lancé en 2007 le projet Vlogbrothers avec son frère Hank – qui consistait pour eux à ne communiquer que par l’intermédiaire de vidéos Youtube. Ils ont rencontré un succès monstre et ils font encore des vidéos à ce jour, réguliers comme des pendules et toujours drôles et intéressants et fantastiques. Ils ont aussi ouvert une nouvelle chaîne Youtube, qui s’appelle Crash Course et qui est un peu une version 2012 de C’est pas sorcier – John nous apprend l’histoire des civilisations et Hank la biologie. Dernièrement, il soutient aussi Kiva, un système de microcrédit en ligne.

Aussi, les lecteurs de John Green ont bâti une communauté en ligne qui s’appelle les Nerdfighters. Leur devise est “Don’t forget to be awesome”, ou “DFTBA”. D’où ce petit mot, trouvé dans une copie de The fault in our stars à ma librairie locale :

(C'est un exemplaire dédicacé. Tous les exemplaires de la première impression sont dédicacés - y compris le mien, signé en rouge. John Green a fait voter les internautes pour savoir quelle couleur de marqueur utiliser, et a fini par signer un nombre de copies proportionnel au nombre de votes recueillis par chaque couleur.)

The foult in our stars est le quatrième bouquin et demi (bon, ok, le cinquième) de John Green – il a déjà écrit Paper towns, Looking for Alaska et An abundance of Katherines, et il a coécrit Will Grayson, Will Grayson (ses bouquins sont traduits en français pour ceux qui goûtent peu la lecture en Shakespeare). C’est le seul que j’aie lu mais je suis sûre que les autres sont aussi formidables – cela dit, les critiques avaient plutôt l’air de s’accorder pour dire que The fault in our stars est son meilleur livre jusqu’ici.

The fault in our stars raconte l’histoire de Hazel, qui a un cancer et les poumons remplis d’eau, et Augustus, qui a une jambe en moins. Ça parle de cancer, d’amour, d’Amsterdam et d’un bouquin qui s’appelle An imperial affliction et qui malheureusement n’existe que dans l’imagination de John Green, même qu’on aurait bien voulu qu’il l’écrive aussi parce qu’il a l’air drôlement bien.

Le personnage de Hazel est inspiré d’Esther, une Nerdfighter atteinte d’un cancer qui aimait beaucoup John Green et est malheureusement décédée depuis. Le livre lui est dédié. Mais John Green dit dans son avant-propos qu’il préférerait qu’on ne tente pas de distinguer ce qui, dans le personnage de Hazel, relève de la réalité de ce qui relève de la fiction. Il rappelle que c’est un roman, qu’il l’a inventé, et que toute tentative de le relier à la réalité impliquerait que le récit d’imagination a moins de valeur. Et je le respecte pour ça.

On pleure beaucoup en lisant The fault in our stars MAIS CELA NE DOIT PAS VOUS EMPÊCHER DE LE LIRE PARCE QU’ON PLEURE D’UNE FAÇON QUI FAIT DU BIEN. Et ensuite quand on a fini le bouquin on met plusieurs jours à trouver ce qu’on va lire ensuite parce qu’aucun livre ne pourra jamais être à la hauteur de celui-là, enfin pas immédiatement. C’est le genre de livre avec lequel on doit rompre avant de pouvoir passer à autre chose, ok? Et moi je pense qu’un livre qui vous donne l’impression d’être embringué dans une relation avec lui est un bon livre.

Et quand vous l’aurez fini, vous aurez le droit d’aller sur ce Tumblr, créé spécialement par John Green pour répondre aux questions de ses lecteurs à propos de The fault in our stars. Il est réservé aux personnes qui ont fini le bouquin parce que forcément il contient des spoilers, et par conséquent il est protégé par mot de passe (le dernier mot de la dernière section du livre. Je vous exhorterais bien à résister à la tentation et à ne pas tenter d’aller savoir ce qu’il se passe à la fin du bouquin avant d’y être arrivé, mais même moi, la grande empotée du suspense devant l’éternel, je n’ai pas voulu savoir à l’avance ce qui allait se passer –  parce que l’histoire est belle et qu’il faut la laisser se développer à son rythme.

John Green est conscient que certaines personnes pourraient être découragées de lire son livre à force d’entendre partout et tout le temps que c’est un livre qui fait pleurer. Dans ce cas, il préconise la méthode suivante : expliquer aux gens que s’ils lisent le livre et qu’ils ne l’aiment pas, il peuvent venir nous donner un coup dans l’estomac. Eh bien c’est ce que je fais ici. Lisez ce livre, et s’il ne vous plaît pas, cherchez-moi, trouvez-moi, et frappez moi dans l’estomac d’une force proportionnelle à votre manque d’enthousiasme lors de la lecture de ce bouquin. Voilà.


La schizophrénie

Je viens de vivre la parfaite conclusion à la Journée de l’Absurde que fut ce vendredi.

À 20h30, subitement, l’Internet a décidé d’arrêter de fonctionner. Ce qui aurait pu n’avoir aucune importance si je n’avais pas prévu de passer le vendredi soir à rédiger un essay sur le traitement des désastres naturels dans les médias et si j’avais eu pour projet de passer la soirée accoudée au comptoir d’un pub comme il se doit.

Sauf que j’étais censée bosser, donc, COMME TOUJOURS EN CE MOMENT, mais ça c’est un autre problème. Je suis donc descendue demander au mec de l’accueil ce qui se passait – il faut savoir que les soirs et les week-ends, le management de la résidence est remplacé par des gardiens, qui sont juste chargés d’assurer une présence mais qui n’ont vraiment aucune idée de ce qui se passe dans cette baraque. C’est pour ça que quand le mec de garde m’a annoncé que 1° le réparateur venait lundi (on est vendredi soir, hein, pour rappel), 2° il ne pouvait rien faire, j’ai été 1° peu surprise (il ne peut JAMAIS rien faire de toute façon), 2° d’un zen impeccable (du moins en apparence).

Je me suis donc barrée avec mes livres dans un sac et mon ordinateur dans un autre, prête à conquérir le wifi de l’université. J’ai donc retrouvé la bibliothèque de City et son ambiance post-apocalyptique du vendredi soir.

Sauf que non. L’Internet de l’université était cassé aussi. Quand j’ai compris ça, je me suis dit que la situation commençait vraiment à puer des aisselles, passez-moi l’expression.

Trouver du wifi un vendredi soir dans un lieu qui ne soit ni une habitation privée, ni une université relève de l’impossible. Je m’en suis rendu compte en faisant le tour du quartier en écoutant Wuthering Heights de Kate Bush – parce que je cherchais Internet avec un désespoir à la mesure de celui de Kathy quand elle cherche Heathcliff dans Les hauts de Hurlevent.


Les Starbucks étaient fermés, déjà, et les MacDo, ben je suis pas sûre qu’ils aient du wifi ici. Alors j’allais pas m’acheter un Big Mac juste pour avoir le droit de m’installer et m’apercevoir ensuite que non, ils n’avaient pas le wifi, et que je me retrouvais du coup avec un burger à 500 calories sur les bras.

C’est assez abattue que je suis rentrée chez moi, persuadée que je n’arriverai jamais à écrire cet essay, et, par extension, à valider mon année. J’avais l’impression d’être plongée dans cet épisode de Tomtom et Nana où Tomtom a une addition à faire mais n’arrive à s’installer nulle part pour travailler. J’ai branché mon câble Ethernet sans conviction, essayé de me connecter, et vu que ça ne marchait pas. Alors j’ai décidé d’appeler Morgane pour lui demander l’asile digital. Et là, au bout de deux sonneries, BAM, l’Internet a décidé de refonctionner. J’en déduis que Morgane est dotée de pouvoirs divins et qu’il faudra la béatifier un jour (ça comptera comme son miracle).

Mais revenons-en à ce vendredi de l’étrange, donc.

En ce moment, je nage en plein remake de la chanson de Natalie Imbruglia Torn (souviens-toi les années 90). C’est-à-dire que je suis déchirée (oui, DÉCHIRÉE) entre mon léger mal du pays (ce matin les larmes me sont venues aux yeux à la seule évocation du mot “maison”) et la conscience que plein de choses me manqueront quand j’aurai quitté Londres. C’est ce que j’appelle la schizophrénie de l’étudiant en 3A, et je trouve que c’est un mal méconnu dont on ne parle pas assez. En gros, j’ai deux maisons, et quand je suis dans l’une, l’autre me manque forcément.

(Ce paragraphe me tend bien trop de perches pour insérer encore plus de vidéos neuneu dans cet article, et je ne vois pas pourquoi je ne la saisirais pas: )

En même temps tout à l’heure j’ai failli pleurer parce que personne n’est venu s’asseoir à côté de moi en cours, donc je pense être de toute façon dans un état assez émotif en ce moment (d’ailleurs c’est la pleine Lune, coïncidence? Je ne crois pas).

Ce qui va me manquer, par exemple, c’est mon quartier. Indéniablement, Angel est un des quartiers les plus agréables de Londres et j’ai une chance folle d’y habiter. Jack le chat va me manquer. Le pub du coin de la rue, qui sent le houblon jusque sur le trottoir, va me manquer.

La bouffe (naturellement) aussi. Saviez-vous que je peux atteindre en à peu près 20 minutes de marche, 1° un YO! Sushi, mon fournisseur officiel et préféré de poisson cru, 2° un magasin qui vend des cupcakes avec la tête d’Elvis dessus (MAIS OÙ JE VAIS TROUVER ÇA À PARIS, FRANCHEMENT), 3° un Breakfast Club qui vend des montagnes de pancakes à prix modiques, 4° un pub qui fait un Sunday Roast (rôti du dimanche, littéralement) de malade, et bien d’autres merveilles encore, comme un Jamie’s Italian ou une Hummingbird Bakery. Aussi, j’ai pris l’habitude de manger des Cheerios tous les matins et JE NE SAIS PAS COMMENT JE VAIS FAIRE QUAND JE NE POURRAI PLUS EN ACHETER.

Il y a aussi des trucs liés à City University qui vont me manquer. La bibliothèque pleine de livres sur des matières que je n’étudie pas et qui me donne l’impression d’être Lisbeth Salander quand elle épluche les archives de la Vanger Corporation (mais là c’est vraiment un effet de la nostalgie parce que la biblothèque de l’université est moderne et bien éclairée alors que je crois que la salle d’archives de Lisbeth n’a même pas de fenêtres). Ou la Pool : je vous l’ai pas dit, je crois, mais avant, il y avait une piscine olympique dans l’université. UNE PISCINE OLYMPIQUE. Bon, le fait est qu’ils l’ont recouverte, et maintenant c’est une salle avec des ordinateurs. Mais avant les étudiants pouvaient aller faire un plongeon entre deux cours et il reste encore les cabines dans lesquelles ils allaient se changer (je crois qu’elles servent de placards à archives).

Je vais même regretter les cuisines communes dégueulasses où il se passe les trucs les plus farfelus – l’autre jour, depuis un couloir, j’ai aperçu un type tout simplement étalé de tout son long sur le comptoir, en train de bavarder gaiement avec son pote qui s’affairait près des plaques chauffantes.

Rentrer d’Oxford Street en bus va me manquer. Réussir à choper la place à l’avant du bus au deuxième étage d’un Double Decker va me manquer.

Bon en revanche, les coupures d’Internet me manqueront moins. C’est toujours ça, hein.


Oxford, capitale internationale du fail

Il y a quelques semaines, Morgane et moi sommes allées à Oxford, après avoir fait étape par le Warwick Castle. C’était super sympa mais clairement, l’univers était contre nous.

Mais avant que je vous explique pourquoi, ça fait bientôt un mois que je veux vous raconter que le 29 janvier on est allées voir les célébrations du Nouvel An chinois à Trafalgar Square. Il y avait le maire de Londres, des ténors venus du Pays du Soleil Levant et un feu d’artifice. Et j’ai eu des petits frissons dans le dos quand une magistrale voix off nous a expliqué que 2012 serait l’année du noble hearted dragon – indéniablement, ça ne peut être qu’un bon présage. Il y avait même des flammes et un dragon sous la statue de l’Amiral Nelson :

Aussi, on est allées voir une adaptation de Raison et sentiment de Jane Austen – J’ADORE Jane Austen. La pièce avait lieu dans un tout petit théâtre à l’arrière d’un pub (naturellement), c’était très mignon et cosy. C’était si petit qu’en sortant pour l’entracte, j’ai vu quelques accessoires et costumes posés sur une chaise derrière la porte de la salle, et que les acteurs jouaient plusieurs personnages.

Voilà, maintenant que j’ai rattrapé mon retard dans mon carnet de voyage (je suis Robinson Crusoé, rappelez-vous), je peux enchaîner sur le véritable sujet de cette note, OXFORD.

C’est de bon matin que, un samedi il y a quelques temps, je suis partie en retard de chez moi pour rejoindre Morgane à la station de métro Victoria (depuis laquelle nous devions rallier le théâtre où se joue la comédie musicale Billy Elliott pour rejoindre notre groupe de voyage). Alors que j’entamais une course folle dans les escalators, quelqu’un a tiré sur mon sac. Je me suis retournée, avec une lueur de terreur dans le regard, prête à enfoncer mes doigts dans les orbites de l’odieux voleur. Je ne l’ai pas fait. Et heureusement, parce qu’en fait c’était Morgane, qui venait de descendre du même métro que moi et n’arrivait pas à attirer mon attention parce que j’avais Charlie Winston à fond dans les oreilles (je n’ai sur mon Ipod que les chansons téléchargées à l’ère bénie dite “pré-HADOPI”, donc mes écoutes quotidiennes sont un peu estampillées 2005-2006, oui).

Bref, on est arrivées à temps pour rejoindre le groupe, on est montées dans le car, et on a bavardé gaiement pendant que des paysages enneigés dignes des hauts sommets des Alpes défilaient par les vitres du car (on se serait cru dans Into the wild, version Alaska).

Le car a effectué un premier arrêt au Warwick Castle, où on était censées pouvoir profiter d’un bon de réduction pour payer huit livres et quelques au lieu de vingt et quelques. Bon, il y a eu un léger malentendu avec la fille derrière le guichet, à base de “Il faut que vous soyez avec le groupe pour profiter de la réduction” – “Oui mais le groupe il est déjà rentré dans le château, on l’a laissé passer devant le temps de boire un thé parce qu’il fait -15” – “Je peux rien faire pour vous” -“Mais c’est ridicule ça revient au même, ils sont déjà à l’intérieur” -“Je peux rien faire pour vous.” -“Vous êtes passée en mode automatique, à ce que je vois.” -“Je peux rien faire pour vous” -“Et si j’appelle les responsables du groupe?” -“Je peux rien faire pour vous.” -“Bon, prenez-moi 20 livres qu’on en finisse.” (Ironie du sort, quand on a raconté cette histoire à la responsable après, elle nous a dit : “Oh mais vous auriez du m’appeler, y en a qui ont eu le même problème et je l’ai réglé.” -“GNAAAAAAAAH”).

Une fois à l’intérieur, on a pris des photos de la roseraie, où il y avait peu de roses mais beaucoup de neige, et c’était fort joli.

Puis, on a assisté à un spectacle de dressage d’oiseaux, où il y avait un bébé hibou nommé Bernie qui était la chose la plus mignonne de la terre. Aussi, à un moment, un aigle s’est envolé de l’endroit où avait lieu le spectacle pour aller se percher dans les buissons qui bordaient les remparts. Le dresseur, très relax, nous a expliqué qu’il ne voulait pas aller le chercher parce que sinon le zozio prendrait l’habitude et après il n’obéirait plus jamais. Sauf qu’une fois qu’on l’a retrouvé à deux mètres de nous, après qu’on se soit mis en tête de monter sur les remparts (pour continuer à visiter le château, quoi), on aurait bien aimé qu’il soit un peu plus Françoise Dolto que Super Nanny dans ses méthodes de dressage.

Bernie, la chose la plus mignonne du monde.

L'aigle rebelle sur son rempart.

Après ces belles aventures, on a visité une exposition dans un coin du château, dont je ne me souviens plus le nom, mais il y avait “gossips and scandals” dedans. En gros, tout était fait pour nous donner l’impression qu’on fréquentait un salon de la haute bourgeoisie de l’époque – et surtout, il y avait plein de mannequins grandeurs nature en costumes d’époque. Ce fut l’occasion pour Morgane de sursauter quand une vraie dame en costume d’époque nous a souhaité la bienvenue : “Oh my God, you’re real!” – “Yes, I am real.”

Sur ces entrefaites, on a rejoint le car et on tracé jusqu’à Oxord. Arrivée là-bas, on a classé notre déjeuner en haut de notre liste de priorités (rappelez-vous qu’on était debout depuis les petites heures du jour) et on s’est arrêtées dévorer une tourte dans un Prêt-à-manger. Ensuite, pleine de la naïveté propre aux touristes, on voulait, petites fleurs fragiles et pleines d’idéaux que nous étions, voir l’université d’Oxford.

Sauf qu’on ne l’a jamais trouvée.

Enfin, on en a trouvé des bouts, mais jamais un bâtiment principal avec marqué “Oxford University” dessus qui aurait pu faire l’objet d’une bonne photo touristique à accrocher au-dessus de la cheminée. On a vu le département de physique, le département d’informatique, et même le parc, mais jamais le bâtiment qui figurait sur le mini guide touristique fourni par la compagnie de voyage. On a pourtant demandé à des gens (une fille a même refusé de me parler en m’indiquant qu’elle devait aller au parc – oh oui, je suis sûre que tu as quelque chose de très urgent à faire AU PARC), on a suivi leurs indications, ET RIEN.

Puis, on est allées se réchauffer dans la librairie de la maison d’édition Oxford University Press – c’était très sympa, il y avait des fauteuils et des livres et il faisait chaud et on a bien failli ne jamais se relever. Entre-temps, on avait pris quelques photos de la Bodleian Library (une bibliothèque qui possède un exemplaire de CHAQUE LIVRE sorti en Angleterre depuis 1610) – on l’aurait bien visitée, mais c’était trop tard (il était AU MOINS quatre heures de l’après-midi).

À ce moment du récit, il nous un peu plus d’une heure avant le départ du car. On a donc voulu visiter rapidement l’Ashmolean Museum of Art and Archeology, qui présentait le double avantage d’être 1°connu, 2°très proche du lieu de rendez-vous pour le car. Sauf qu’à peine avait-on mis un pied dedans, un monsieur opiniâtre nous a dit de ressortir, parce que le musée était occupé par un événement privé.

Dépitées, on s’est baladées un peu avant de se résoudre à aller prendre une dernière tasse de thé dans un Costa Coffee avant le départ. SAUF QUE (ce voyage était sponsorisé par l’expression “sauf que”), alors qu’on faisait la queue patiemment, un type est venu nous informer que le système venait de tomber en panne et qu’il ne savait pas si, ni quand, ils allaient pouvoir le réparer.

Alors on a atterri au Starbucks, et on a sacré Oxford “capitale internationale du fail” (mais en vrai on était quand même contentes).