Battenberg all the way across the sky

J’allais commencer cet article en expliquant que les lundis, vraiment, c’est un concept qui vous laisse aplati comme une carpette sur la moquette tâchée d’une résidence universitaire (la mienne, par exemple), mais mon amie australienne Bridgette vient de poster cette photo (prise aujourd’hui) sur mon mur Facebook, et c’est une preuve que j’ai aussi fait des choses constructives de ma journée :

Si vous voulez tout savoir, j'étais en cours de photojournalisme et je bougeais dans tous les sens pour permettre à Bridgette de tester le mode "sport" de son appareil photo (c'était donc ça ou faire des pompes dans la salle de classe), qui permet de photographier des sujets en mouvement. Et non, vous ne rêvez pas, je porte bien le tee-shirt le plus badass du monde.

C’est d’autant plus opportun que j’avais prévu d’utiliser l’histoire du petit phoque roux comme allégorie du déroulement d’un lundi typique pour moi – je ne sais pas si vous avez suivi l’histoire dite du petit phoque roux. En gros, un reporter du Daily Mail a découvert un bébé phoque roux caché sous des rondins de bois quelque part en Russie, abandonné par sa mère, caché rejeté par sa famille et par les autres phoques au pelage noir, doté de surcroît d’yeux bleus presque aveugles, atteint d’un strabisme divergent qui, à ce niveau là, n’est que la cerise sur le gâteau de la cruauté animale et il faut que j’arrête d’en parler sinon je vais pleurer. Sauf que l’humain, pris d’empathie à l’égard du pauvre chou (après tout, les êtres humains ne sont-ils tous pas tous des phoques informes qui rampent et se tordent dans des montagnes de fange, comme le disait Musset dans ce passage de On ne badine pas avec l’amour que tout le monde citait sur son profil Myspace en 2005?), l’a recueilli dans un zoo, où le petit phoque roux est devenu une star (je l’ai appris aujourd’hui et j’ai été sincèrement rassurée quant au sort de Nashaya – puisque le petit est en fait une petite, baptisée d’après un héros de dessin animé de l’époque soviétique auquel elle ressemble beaucoup).

En un mot comme en cent, donc, et pour en revenir à mon allégorie du lundi : c’est une journée que je commence généralement si stressée et angoissée par la semaine à venir que j’envisage de me rouler dans ma chambre en position fœtale en attendant qu’on vienne me chercher, un peu comme Bella dans la forêt quand elle apprend qu’Edward la quitte :

Et puis ensuite la journée se passe, et je retourne chez moi apaisée et prête à conquérir le monde (ou au moins à faire la vaisselle). Je me sens donc comme ce petit phoque, passant de reclus de la société presque aveugle caché sous des rondins de bois à star de mon zoo.

Bon, cette métaphore n’avait peut-être aucun sens, à la réflexion. Essayons avec des images, ce sera peut-être plus probant. En gros, au cours d’un lundi, je passe de ça :

à ça :

Si vous ne savez pas à quoi ressemble une star de zoo, en voici un bon exemple - Photo aussi trouvée chez le Daily Mail : http://www.dailymail.co.uk/news/article-2066258/Ginger-seal-shunned-colony-star-Russian-zoo.html?ITO=1490

Et la photo du début où je gigote dans tous les sens en cours de photojournalisme au début de cette note peut-être interprétée comme une phase intermédiaire dans mon ascension fulgurante vers la coolitude.

Non, ma métaphore du lundi ne vous plaît toujours pas? Vous en avez marre de parler du lundi? TRÈS BIEN, DANS CE CAS VOILÀ DU WEEKEND BANDE DE TIRE-AU-FLANC !

Vendredi soir, je suis retournée au Winter Wonderland de Hyde Park avec tous mes copains et c’était très bien. J’ai mangé une gaufre au Nutella, un bretzel beaucoup trop salé, et j’ai glissé sur un toboggan géant. Je ne vois pas trop comment la soirée aurait pu mieux se passer, à part si Gordon Ramsay avait décidé de venir me cuisiner mon dîner à mon retour mais ça ce sera pour Noël prochain.

Samedi, j’ai fait un truc que je voulais faire depuis le début de ma 3A : SORTIR DE LONDRES ET VOIR UN PEU DU PAYS. En l’occurrence, je suis allée à Bath avec Suzanne et Bridgette, et c’était fort cool, même si la manœuvre impliquait de passer six heures dans un car contre six heures dix dans Bath. Je suis déjà allée deux fois à Bath, et à chaque fois je ne peux pas m’empêcher de pousser des petits soupirs tellement cette ville est awesome. On a visité les bains romains, que j’avais aussi visités deux fois, mais je crois que je ne m’en lasserai jamais. À la boutique de souvenirs, j’ai trouvé un livre de Harry Potter en latin (Harrius Potter et philosophi lapis) (le saviez-tu? J’ai fait huit ans de latin et la seule perspective d’une déclinaison me fait encore pousser des petits bonds d’excitation) (je sais aussi scander des hexamètres dactyliques, c’est très utile pour monter un meuble Ikea).

Ensuite, on voulait aller prendre un bain (un bain à Bath, duh) au Thermae Spa (j’avais passé le vendredi après-midi à essayer tous les maillots de bain d’Oxford Street dans cette optique, le dernier fut le bon, j’étais donc parée avec mon maillot de bain Marks & Spencer de grand-mère), mais on a rapidement calculé qu’avec le temps d’attente on aurait à peine le temps de se tremper les orteils avant de devoir courir à la gare attraper le car, donc on a abandonné. À la place, on est allé au marché de Noël, et Suzanne et moi avons goûté des mince pies (des tarte aux fruits très British, très Noël).

Ensuite, on a marché à travers toute la ville (ou presque) pour arriver jusqu’au Jane Austen Centre, où on a raté la dernière visite de peu. Je me suis donc contentée d’acheter un sac en tissu marqué “I❤ Mr. Darcy”. Jane Austen étant ma deuxième grande passion après les déclinaisons de latin, je pense être en position d’affirmer que Bath est une ville qui ME COMPREND.

Aussi, je viens de vivre une intense épiphanie gastronomique après avoir mangé pour la première fois du Battenberg, un gâteau lui aussi très anglais, que j’avais très envie de goûter depuis que je l’ai lu décrit ainsi dans Le bizarre incident du chien pendant la nuit : “a long cake with a square cross section which is divided into equally sized, alternately colored squares” (je ne retrouve pas la citation en français, ne bougez plus, je crois que je viens de toucher aux limites d’Internet). Ce qui, en vrai, donne ça :

De la génoise enrobée dans de la pâte d’amande, on voit mal comment ça pourrait mal tourner, hein? Eh bien effectivement, c’est délicieux. Tellement que je suis presque prête à pardonner les Anglais pour la Marmite, tiens.


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