I’m on fire

Bonjour, aujourd’hui il m’est arrivé un truc parfaitement absurde.

J’étais censée rejoindre à 14h30 mes deux acolytes, Morgane et Stéphanie, à Camden. Peu avant cela, Morgane m’a envoyé un texto disant qu’elles auraient du retard, aussi je ne suis partie de chez moi qu’à 14h15, prévoyant d’arriver à 14h45 au plus tard.

Tout aurait du être parfait.

Si seulement mes chaussettes avaient été sèches ce matin.

Voyez-vous, je m’interdis d’utiliser les sèches-linge de la laverie de mon hall universitaire. C’est contre ma religion, un point c’est tout. Alors, deux jours après mon arrivée à Londres, j’ai acheté un étendoir fort pratique qui, plié, prend autant de place qu’un mouchoir de poche, mais qui, une fois déplié, permettrait d’accrocher le petit linge de toute la résidence (j’exagère à peine) (pour autant, il peine parfois à accueillir ma fournée hebdomadaire de vêtements) (j’ai tendance à attendre le dernier moment pour faire ma lessive alors forcément je lave presque toute ma garde-robe d’un coup).

En général, je place l’étendoir en face du radiateur, pour que mes affaires sèchent mieux. Sauf que cette nuit, le radiateur était éteint, alors ce matin, mes chaussettes étaient encore mouillées.

J’ai allumé le radiateur à fond, et je les ai posées dessus, pour qu’elles sèchent plus vite. Mais quand est arrivée l’heure où je devais vraiment partir, elles n’étaient toujours pas sèches, alors j’ai raclé le fond de mon tiroir, j’en ai trouvé une autre paire, et je suis partie.

C’est dans le métro, à une station de chez moi, que j’ai subitement relevé la tête de mon livre, avec en tête cette unique interrogation :

Avais-je bien retiré les chaussettes de mon radiateur avant de partir?

J’ai cogité, cogité, cogité. J’étais sûre à 70% de les avoir enlevées. Restaient seulement 30%, mais 30% plutôt menaçants si l’on considère qu’ils signifiaient la perte potentielle de tous mes biens (ainsi qu’un procès de la part du management de la résidence, accessoirement). Mon métro s’est arrêté à King’s Cross. J’ai hésité à descendre. Il est reparti. J’étais toujours dedans.

Je suis arrivée à Camden, les filles n’étaient pas là. Pour essayer d’estimer si je prenais vraiment un risque, j’ai cherché “vêtements radiateur” sur Google (car c’était la chose rationnelle à faire).

Le cinquième résultat de recherche était : “Les vêtements sur le radiateur ont pris feu – Une mère et ses deux enfants âgés de 5 et 6 ans ont tout perdu en ce début d’année à Saint-Quentin en Haute-Picardie”. J’ai envoyé un texto à Morgane pour lui dire que je serais très en retard mais qu’il fallait absolument que je repasse chez moi, là.

J’ai repris le métro. Arrivée à ma station, j’ai entrepris de monter les escalators à pied – il faut savoir que ma station possède l’un des trois escalators les plus longs d’Europe. Je suis arrivée au sommet, le souffle court et la cuisse en feu, après avoir doublé au pas de course une fille qui avait bravement entrepris l’ascension à un rythme plus raisonnable.

Je suis arrivée à ma résidence, pas d’odeur de brûlé, pas de sirène de pompiers. Je suis entrée dans ma chambre. Pas de chaussettes sur le radiateur.

J’avais bien retiré cette fichue paire de chaussettes de dessus le radiateur. Elle pendouillait, innocemment, sur l’étendoir.

En revanche, j’ai quand même bien fait de repasser chez moi.

J’avais laissé la fenêtre ouverte.


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