Never trust a skinny chef (ou : “Zumba eh eh eh eh”)

“Never trust a skinny chef” (“Ne fais jamais confiance à un chef maigre”) est un adage que j’ai pris en affection depuis que mon chef cuisiner préféré (est-ce vraiment la peine que je précise lequel?) l’a posté sur Twitter il y a peu.

Sauf que moi, je ne suis pas chef, et donc je dois compenser par des heures de sudation et de palpitations cardiaques mon amour immodéré du sucre, du gras et des deux combinés. C’est bien pour ça que cet été, je me suis mise à la zumba – si à la lecture de cette phrase vous avez ricané, sachez que je ne vous en veux pas. La zumba, c’est, en gros, un programme de fitness inspiré de danses latino-américaines (comme la samba, la salsa, le merengue, et aussi des trucs aussi glamours que le cha-cha-cha) créé par Beto Perez, chorégraphe de Shakira selon Wikipédia.

Croyez-le ou non, je n'avais jamais vu sa photo jusqu'à ce soir, il n'a donc rien à voir avec ma motivation à faire de la zumba.

La première fois que je suis allée à un cours de zumba (cet été, à Paris), j’étais moi aussi hyper ironique. Sur le papier, la zumba, c’est typiquement le cours pas pour moi – il faut savoir que je suis avant tout une GROSSE COINCÉE. La fille chiante qui ne veut jamais faire la poule pendant les Crazy Signs du Club Med, c’est moi. Déjà, à quatre ans, lorsque j’ai découvert la danse des canards, j’étais absolument horrifiée – comment des adultes présumés responsables, autorisés à exercer des emplois et à conduire des voitures, pouvaient-ils s’abaisser à un tel niveau de dégradation? La vision d’adultes en costumes-cravates en train de faire la chenille et de battre des bras pour imiter la volaille me réveille encore la nuit.

Donc, la première fois que j’ai mis le pied dans une salle de zumba, je me mordais l’intérieur des joues, c’est rien de le dire.

Eh bien, j’ai été bien attrapée. Mon professeur s’appelait Amandine (et quelqu’un qui porte un nom de gâteau ne peut pas être foncièrement mauvais), et la première fois que je l’ai vue, elle portait un pantalon de sport rose vif avec des cordons multicolores qui ont voltigé quand elle a sauté trois marches à la fois (cette punk). Elle avait la voix cassée mais ça ne l’a pas empêchée de pousser des petits cris de temps à autre qui auraient pu m’étonner dans un autre contexte mais qui, là, faisaient juste couler un peu plus d’adrénaline dans mes veines. Quand les points de côté se faisaient sentir et que j’étais tellement essoufflée que l’idée même d’oxygène n’était plus qu’un lointain souvenir, elle nous rappelait de sourire – on sourit tout le temps à la zumba, même quand on prend conscience que nos ondulations du bassin ressemblent plus à des spasmes épileptiques qu’à un ode à la sensualité.

Et donc, pendant cette première heure de cours, je n’ai pas seulement ondulé du bassin – chose que je refusais de faire même lors de mes séances de danse solitaires devant mon miroir quand j’avais quinze ans (le air guitar, c’est beaucoup plus chic) – j’ai aussi secoué mes épaules, compris ce qu’était un cha-cha-cha, et MIS DU SOLEIL ET DE LA BONNE HUMEUR DANS MES MOUVEMENTS. Et j’ai adoré ça. À la fin, Amandine nous a dit de nous rassembler en cercle, de joindre nos mains au centre et de les relever en criant “ZUMBA!” (un peu comme un cri de guerre, quoi), et je l’ai fait. La première fois, il est possible que j’ai juste levé la main sans crier quoi que ce soit, mais je peux vous assurer qu’au bout de quelques semaines, ce “ZUMBA!” sortait avec toute la force dont mes poumons étaient capables après une heure de cardio.

J’y suis allée chaque semaine pendant le reste de l’été (sauf cas de force majeure, par exemple, le fait que ce qui aurait du être mon dernier cours tombait la veille du jour où j’allais m’expatrier pour un an). Je m’étais promis de m’y remettre à Londres, et DEVINEZ QUOI?

JE NE SUIS PAS ENCORE LÀ DEPUIS UN MOIS ET J’AI DÉJÀ REPRIS LA ZUMBA, je sais, je sais, c’est fort.

Ça s’est passé dans les sous-sols de mon université et c’était fort sympathique. Un tout petit peu moins épatant qu’à Paris, quand même – mais en même temps, pour une livre le cours, je ne pense pas être en position de me plaindre. J’y retourne la semaine prochaine, et en attendant, pour vous donner une idée de ce à quoi ça ressemble, vous pouvez regarder ça (sauf que moi je me balade pas en soutien-gorge et je porte un tee-shirt, comme quoi, la zumba ne m’a pas encore fait perdre toute pudeur) :


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