A basket of puppies

Nous sommes ravis de vous informer que la rentrée de la petite Mercy s’est bien passée – elle a taillé ses crayons, endossé son petit cartable, emprunté des tonnes de livres à la bibliothèque et harcèle en ce moment même les représentants du commerce local pour obtenir d’eux une interview en vue d’un devoir sur Halloween dont le premier brouillon doit être rendu lundi (ici ça déconne pas avec Halloween, et dès le 7 octobre, tout le monde est déjà au taquet).

Sinon, j’ai aussi:

– fait l’andouille devant Buckingham Palace, victime de l’ivresse de l’été indien:

– découvert que mon panier à linge pouvait finalement avoir une utilité quelconque:

– vu que l’Apple Store de Covent Garden avait été lui aussi transformé en mémorial à la mémoire de Steve Jobs:


Mais surtout, j’ai visité les studios de la BBC.

Enfin, la moitié, parce qu’on est arrivés en retard. Comme souvent à Londres, “C’EST PAS MOI C’EST LES TRANSPORTS”. Ce n’est au bout que d’une épopée pleine de larmes, de désespoir, de pessimisme (moi), d’astuce (Morgane) et de soutien moral (Pierre) que nous sommes arrivés tous les trois au Television Center (qui a la forme d’un point d’interrogation). Alors qu’on s’apprêtait à supplier le type de la réception de nous laisser rentrer ou au moins attendre la visite suivante, il a été cool comme Bob Marley et il nous a dit de nous asseoir et que quelqu’un viendrait nous chercher (ce qui est peu ou prou ce qu’on a dit aux naufragés du Titanic avant de les laisser mariner dans l’eau glacée, alors je n’étais qu’à moitié rassurée). J’ai donné 20 pence à un distributeur de bonbons en échange d’une poignée de Skittles – c’est donc la bouche pleine de sucre et les nerfs apaisés que j’ai salué le type qui est venus nous cueillir et qui nous a fait passer la sécurité. Sur le chemin, il s’est mis en tête de nous expliquer comment les contrôles allaient se passer : “It’s like an airport, it’s quite exciting”. Personnellement, j’ai trouvé qu’il en faisait un peu trop – mais peut-être que je ne sais plus apprécier les joies simples de la vie et que poser mon sac sur le tapis d’une machine à rayons X et passer sous un détecteur d’objets en métal devrait constituer une aventure proprement décoiffante en soi, je ne sais pas.

Toujours est-il qu’on a retrouvé notre groupe, notre guide et nos copains après avoir appris que “Vous avez loupé la partie “news” de la visite, j’espère que ça ne vous intéressait pas trop” (réponse donnée : “On a plus d’une demi-heure de retard donc je pense qu’on n’est pas trop en droit de se plaindre, héhéhé”, réponse pensée : “JE SUIS VENUE EXPRESSÉMENT POUR ÇA ET JE M’APPRÊTE À PLEURER DES LARMES DE SANG DONC TU FERAIS MIEUX DE T’ÉCARTER”).

Mais finalement, on a vu des trucs sacrément chouettes et les guides (on en avait deux, un jeune et un vieux) nous ont raconté plein d’anecdotes – et moi j’adore les anecdotes, c’est mon côté nana authentique, tu vois. D’abord, une de mes copines, elle aussi étudiante en échange, a pu donner la météo face à un écran bleu (je suis si jalouse, c’est mon fantasme ultime). Ensuite, le jeune guide nous a expliqué que c’est grâce au principe de l’écran bleu que l’effet “cape d’invisibilité” est créé dans les films d’Harry Potter (et il a sorti un bout de toile bleue pour qu’une autre de mes copines puisse essayer – porter une cape d’invisibilité, mon fantasme n°2 après “présenter la météo”). Au passage, on a vu un studio dans lequel ils étaient en train de filmer une émission culinaire, ça m’a beaucoup plu, forcément.

Ensuite, on a visité une superbe loge dans laquelle ils reçoivent certaines stars invitées à leurs émissions. C’est là que ça devient assez intéressant. Voyez-vous, la BBC est une chaîne publique, par opposition à une chaîne “commerciale”. C’est-à-dire qu’ils n’ont pas vraiment besoin d’avoir des invités absolument spectaculaires pour que leurs émissions fassent de l’audience. Par extension, donc, ils n’ont pas à céder à tous les caprices des célébrités qu’ils accueillent. Par exemple, quand Mariah Carey leur a demandé un panier avec des chiots dedans pour jouer avec afin de se relaxer avant son passage devant les caméras, ils ont dit niet (en revanche, apparemment, elle a obtenu de pouvoir jouer avec des chatons lors de sa visite à une chaîne commerciale, quelques jours plus tard). Néanmoins, ils cèdent quand même régulièrement à quelques extravagances : Lady Gaga requiert deux frigos pour garder ses perruques au frais (là j’avoue que j’ai un peu de mal à comprendre : c’est pour se rafraîchir, ou c’est parce que le froid fige les coiffures et les maintient en place?), George Michael n’aime pas les serviettes utilisées habituellement dans le studio et demande des serviettes d’une marque spécifique (et assez chères) qu’il emporte en partant, Madonna a demandé une image du Pape dans sa loge pendant sa période catholique (et si j’ai bien compris, ces petits malins de la BBC ont préféré aller emprunter la statue du Pape chez Madame Tussauds, et Madonna, dans toute son humilité, a vraiment cru, pendant quelques secondes, que le Pape s’était déplacé pour la bénir avant son passage). En revanche, Paul McCartney est un homme simple (et de bon goût) qui ne veut pas utiliser la jolie loge qu’on a vue (parce qu’il y a du cuir et des matières animales dedans alors qu’il est vegan) et en préfère une plus dépouillée.

À la fin de la visite (et juste avant de nous faire passer par le magasin de souvenirs), les guides nous ont emmenés dans la réplique d’un studio d’enregistrement, où deux de mes copines ont pu lire le journal du soir (enfin un faux journal, qu’on soit bien d’accord), et où j’ai participé, face à deux autres “concurrentes”, à l’équivalent britannique du Maillon Faible (mais présenté par le jeune guide). C’était cool dans une mesure absolument décadente, et j’avais un BUZZER. Eh bien, ça vous fait perdre la tête, ces machins-là. J’ai réussi à garder la tête froide le temps de la première question, mais ensuite j’étais aussi enragée que Bastien, candidat à Questions pour un Champion, en chemise rouge dans cette vidéo :

À la fin, ma copine Naomi et moi-même étions à égalité, et elle a répondu juste à la question posée pour nous départager – elle a donc remporté une tasse BBC Tours, et la troisième concurrente et moi-même avons eu droit à un stylo (j’étais absolument euphorique, je gagnais jamais rien aux concours quand j’étais gamine alors c’était une grande revanche sur la vie).


2 responses to “A basket of puppies

  • Victorine Tydde

    La visite de la BBC c’était dans le cadre de ton université ? C’était payant ? C’est vraiment un truc que j’aimerais faire un jour, tu es bien chanceuse Mercy :3

    • Mercy

      Aaaaalors, non, c’était pas pour l’université, et c’était payant (un peu moins de dix livres si mes souvenirs sont bons)😉

      Tu auras sans aucun doute l’occasion de le faire un jour, c’est ouvert à tout le monde plus ou moins tout le temps ! DON’T STOP BELIEVING

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