Monthly Archives: August 2011

Pourquoi je ne ferai pas de “bucket list”

La “bucket list”, c’est un concept qui semble emballer considérablement la blogosphère anglo-saxonne depuis la sortie du film du même nom en 2007 (autant vous dire que je suis super en retard et que la première raison pour ne pas faire de bucket list, c’est que c’est tout bonnement ringard), mais que personnellement, je trouve proprement vicieux.

Mais bon, il y a Morgan Freeman dans le film, le concept ne peut donc pas être totalement mauvais.

Une “bucket list”, c’est une liste de trucs à faire avant de mourir. Tout simplement. Et croyez-moi, j’adore faire des listes. Des listes de trucs à faire, des listes de livres à lire, des listes d’articles à écrire, des listes de films à regarder pour les soirs où on ne sait pas quoi regarder (une seule réponse : Groundhog Day). C’est donc en toute logique que, plutôt que de rédiger ma propre “bucket list”, j’ai décidé de dresser la liste des raisons pour lesquelles je ne ferai pas de “bucket list”.

1°Le nom me fait irrémédiablement penser à quelqu’un qui vomirait un matin de gueule de bois.

Parce que “bucket” ça veut dire “seau”, et que je ne vois pas le rapport entre ce mot et une liste d’objectifs de vie à accomplir avant de passer l’arme à gauche. En revanche, je vois très bien le rapport entre le mot “bucket” et le vomi. Je ne sais pas, j’ai du lire ou entendre la phrase “Pass the bucket” dans la bouche d’un personnage (de film ou de bouquin – n’allez pas vous imaginer que je fréquente des ivrognes dans la vraie vie, enfin) qui avait trop bu, et depuis, pour moi, “bucket” = vomi. Et très franchement, je préférerais éviter de penser à du vomi à chaque fois que je dois envisager ma propre mort.

2° Qu’est-ce qui se passe quand on a fait tout ce qu’il y avait à faire sur notre “bucket list”?

On se met à traverser au rouge sans regarder parce que “de toute façon, c’est bon, je peux mourir en paix, j’ai nagé avec des dauphins et fait des tresses à des poneys”? Ce qui m’amène au troisième point de ma liste :

3° La plupart de mes trucs à faire avant de mourir auraient probablement pour conséquence directe d’accélérer le processus et de me conduire à une mort certaine et douloureuse.

Par exemple, j’adorerais courir un marathon. Ou devenir championne du monde de surf. (Ou au moins, apprendre à tenir debout sur une planche de surf). (Je ne peux pas décemment parler de surf sans vous mettre cette chanson dans la tête). Mais dans les deux cas, je risque soit une crise cardiaque, soit la noyade, soit d’être dévorée par un requin, soit les trois en même temps. Au bout du compte, faire une bucket list = mourir prématurément. Merci bien.

4° Quand on cherche “bucket list” sur Google, une des premières occurrences proposées est “bucket list ideas”.

Autrement dit, les gens ne savent même plus ce qu’ils ont envie de faire de leur vie et lorgnent sur la copie du voisin pour trouver des idées. Ah ben bravo, elle est belle la France.

5° J’aime donner des noms à mes listes.

Enfin, des titres. Et comment je l’appellerais, ma “bucket list” (à part “ma bucket list”, je veux dire)? “Liste de trucs à faire avant de mourir”? En voilà un truc pas glauque du tout à punaiser au-dessus de mon bureau, dis donc.


I’m the last of a dying breed and it’s not the end of the world…

… It’s not even the end of the day.

Dans la catégorie “icônes britanniques à éplucher en vue de mon année à Londres”, je parle des frères Gallagher sur Branche Ton Sonotone et c’est par ici.

(Le titre est un extrait des paroles de The beat goes on de Beady Eye, le nouveau groupe de Liam).


Revue de presse #5

Ces presque deux dernières semaines (je suis en retard pour ma revue de presse parce que je suis partie en vacances, la bonne nouvelle, c’est que quand je voyage – enfin calmons nous, j’ai juste pris le train pour aller à Bordeaux quelques jours – je suis prise d’une étrange manie qui consiste à me procurer et à lire le plus de journaux possibles comme un insatiable vortex),  j’ai repéré :

– une intéressante comparaison de couvertures de journaux dans les jours suivant le dernier volet de l’affaire DSK

Ma photo est vilaine mais vous avez déjà essayé de photographier des journaux sur un parquet? À moins de me suspendre à un câble accroché au plafond ou de me transformer en Spider Man, ce genre de choses se produira.

– dans les Inrockuptibles datés du 17 au 23 août, une couverture qui m’a tout de suite attiré l’œil et qui a suffi à me convaincre d’acheter le précieuuuuux (magazine) et le bouquin de Jean Rolin sur Britney Spears (Le ravissement de Britney Spears) à la prochaine rentrée littéraire

– toujours dans les Inrocks, un petit supplément avec des extraits des principaux livres de la rentrée littéraire 2011, bien pratique pour me rendre compte que Jean Rolin fait des phrases très longues et que c’est un peu agaçant (mais je pense lire son bouquin quand même parce que BRITNEY SPEARS quoi)

-dans le Vocable anglais (oui, on parle bien du magazine pour apprendre l’anglais en s’amusant, GO AHEAD AND JUDGE ME) n°622, un article sur la façon dont les Riot Grrrls inspirent encore certains musicien(ne)s aujourd’hui (j’ai bien conscience qu’il y a peu de chance que vous arriviez à mettre la main sur ce Vocable, mais l’article n’est pas disponible sur Internet, et c’est toujours sympa d’entendre parler des Riot Grrrls, alors je vous le signale à tout hasard, “parce qu’on ne sait jamais”, comme le disait si bien Christophe Maé)

– dans le Marianne daté du 20 au 26 août (n°748), un article qui me laisse assez dubitative sur “Le mystère des femmes de cavaleurs”. Impossible d’être d’accord sur tout, mais cet article a le mérite de poser certaines questions – et puis au bout d’un moment, savoir avec quoi on n’est pas d’accord, c’est déjà commencer à se former une opinion, non? (Je suis très philosophe, je devrais rédiger ces messages qu’on trouve à l’intérieur des fortune cookies)

– dans le Grazia daté du 26 août au 1er septembre, un article qui raconte comment certains tuteurs de stage en voient de toutes les couleurs avec leurs stagiaires diaboliques (en vrai, quand on sort de trois mois de stage, c’est assez intéressant de voir l’envers du décor) : “Lookée, snob et arrogante : ma stagiaire me fait une vie d’enfer!”.

– vous ne pensiez quand même pas que j’allais vous laisser filer sans vous servir un peu de Time et de The Economist? Dans le Time daté du 29 août, vous trouverez un article très intéressant sur “The New Greatest Generation : How young US veterans are redefining leadership at home”. À lire avec du recul, parce que le canard est américain et que sur une légende en couverture on peut lire que les jeunes vétérans en question “aident à reconstruire l’Amérique”, ce qui m’a tout l’air d’un léger parti prix. L’association des vétérans américains d’Irak et d’Afghanistan, réagit ici à cette couverture.

– Dans le Time daté du 5 septembre, un point sur la Libye et sur son futur avec un article intitulé “The Gaddafi regime is broken. What will take its place?“.

– et enfin, dans The Economist daté du 20 au 26 août, j’ai repéré un article sur le système des brevets dans l’industrie pharmaceutique aux États-Unis, qui explique pourquoi et comment il doit être réformé : “Patent medicine : why America’s patent system needs to be reformed, and how to do it“. Dans The Economist daté du 27 août au 2 septembre, un article sur DSK et sur ce qui l’attend à son retour en France (“Free at last : but what sort of reception can he expect in France?“), un autre sur la gauche française (où les socialistes français se font un peu traiter de dinosaures : “Among the dinosaurs : France’s socialists have yet to come to terms with the modern world“), et un sur Steve Jobs et sur le devenir d’Apple maintenant qu’il n’en est plus Directeur Général mais “seulement” Président (ou, comme je l’ai si bien dit, qu’il n’a plus que le “P” de “PDG” – je devrais aussi songer à écrire des haïkus, tiens) (“Steve Jobs resigns : the minister of magic steps down“).


In bed with John and Yoko

Le samedi 13 août, Yoko Ono a annoncé sur Twitter que Bedpeace (qui est le film du bed-in pacifique qu’elle a fait avec John Lennon en 1969 à Montréal) était disponible gratuitement en ligne pour le week-end, puis jusqu’au 21 août. Si cette phrase vous a donné envie de vous jeter sur Youtube pour regarder cette vidéo LÀ MAINTENANT TOUT DE SUITE, ne cherchez pas plus loin :

Sur le compte Youtube de Yoko Ono, la vidéo est accompagnée de ce message :

“Dear Friends,

In 1969, John and I were so naïve to think that doing the Bed-In would help change the world.
Well, it might have. But at the time, we didn’t know.

It was good that we filmed it, though.
The film is powerful now.
What we said then could have been said now.

In fact, there are things that we said then in the film, which may give some encouragement and inspiration to the activists of today. Good luck to us all.

Let’s remember WAR IS OVER if we want it.
It’s up to us, and nobody else.
John would have wanted to say that.

Love, yoko

Yoko Ono Lennon
London, UK
August 2011”

Si elle a choisi de le rendre disponible gratuitement en ce moment, c’est parce, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il se passe des trucs pas très jolis et pas très peace and love en ce moment à Londres. À ce propos, vous voulez savoir comment je me sens à l’idée de partir bientôt en Erasmus et de me retrouver avec des riots sous mes fenêtres? Eh bien j’en sais rien, voilà comment je me sens. Je suis incapable d’avoir peur ou pas, parce que tout ce que je peux voir, c’est l’incroyable ironie de la situation. J’aurais pu aller n’importe où dans le monde (enfin presque, j’aurais pas pu aller chatouiller des manchots en Antarctique, par exemple – je le sais, j’ai vérifié), je choisis d’aller à Londres, alias LA destination pépère entre toutes, à deux heures de train de Paris, pas de visa à demander, pas de décalage horaire, pas de virus exotiques en circulation, RIEN, et bam!, une vague d’émeutes se déclenche avant que j’arrive.

Formulé comme ça, en fait, on dirait plus un juste retour des choses. “TA DESTINATION DE 3A EST BIEN TROP TRANQUILLE PRENDS TOI DES MANIFESTANTS DANS LA TRONCHE LOL”. Tu parles d’un retour de karma.

Mais bon, je ne pense pas que les émeutiers aient décidé de se révolter juste pour m’embêter non plus, même s’il est entendu que l’annonce de mon arrivée est sur toutes les lèvres depuis l’annonce des résultats d’affectation.

Pour en revenir à Yoko Ono, sa démarche ( poster la vidéo d’une action pacifiste pour faire passer un message de paix en pleine période de troubles) est à la fois incroyablement cool et adorablement naïve. Déjà, c’est de l’activisme dans de l’activisme (INCEPTION). On est tenté de se laisser doucement hypnotiser par tous ces doigts en V, par les longs cheveux de Lennon, et par les discours philosophico-poétiques et teintés de LSD de Yoko. Et finalement, on peut le faire, on est là pour faire l’amour, pas la guerre, vous voyez.

(cette phrase est sponsorisée par mon moi de 15 ans qui portait un bandeau sur le front et avait fait de Björk son idole vestimentaire)

Mais on est tout le temps rattrapé (en tout cas, moi, c’est ce que j’ai ressenti en regardant le film) par la pensée que ce n’est pas parce que deux personnes, même si ces deux personnes sont John et Yoko, passent une semaine au pieu, que la guerre va s’arrêter plus vite. Et la diffusion de ces images ne va probablement pas adoucir miraculeusement les rioters. Je pense qu’on est tous d’accord là-dessus.

Pourtant, on sait bien qu’il faut des gens pour prendre ce genre de mesures – il faut qu’il y ait des militants. C’est un peu  comme pour ces conseils de vie complètement psychédéliques que Yoko Ono distille sur son compte Twitter (un de mes préférés : “Think of all your movements in life as dance movements. Breathe. Watch. Listen. Touch. And move between the earth and the sky.”) : ils sont excessifs, ils sont presque leur propre caricature, et pourtant, si Yoko ne les dit pas, qui va s’en charger? C’est Yoko. Fucking. Ono, pas un étudiant en pleine crise altermondialiste qui t’explique sa vision du tiers-mondisme en se roulant un spliff avant d’aller souffler dans son didjeridoo. Le peace and love c’est son truc, il faut bien que quelqu’un se charge de conseiller aux gens de vivre leur vie comme une danse, et ce quelqu’un, c’est elle.

Alors, en 1969, John et Yoko on passé une semaine au lit pour rappeler aux gens que “La guerre est finie – si on le veut“. Au début du film, ils montent dans un avion pour rejoindre Montréal, puis ils s’installent, en pyjamas blancs, dans un lit de l’hôtel Reine Élizabeth. Ils s’entourent de vases de fleurs, d’affiches (sur lesquelles ont peut lire le fameux “Hair peace – Bed peace“), et d’un enfant a priori inconnu, qui s’avère être Kyoko Chan Cox, la fille de Yoko et d’Anthony Cox, dont elle a récupéré la garde quelques mois avant le bed-in.

Ça peut surprendre, mais John et Yoko n’ont pas passé une bonne petite semaine à dormir autant qu’ils voulaient dans leur grand lit tout blanc. À la place, ils ont reçu des journalistes et des admirateurs (et Timothy Leary, ce professeur à Harvard qui a inventé le LSD bien tranquille dans sa cave), ils ont chanté (Give peace a chance, notamment), et ils ont parlé avec des gens au téléphone – pas de la pluie et du beau temps, mais de sujets super relax, comme “COMMENT JE RAMÈNE LA PAIX DANS LE MONDE ET À QUOI BON VIVRE SI DES SOLDATS SE FONT TUER CHAQUE JOUR AU VIETNAM?”). À un moment, on entend même John Lennon expliquer qu’ils ne pourront pas recevoir tel invité (une chorale, si j’ai bien compris), parce que ça empièterait sur leur SEUL créneau disponible pour dormir.

Parfois, malgré toute cette euphorie peace and love qui nous enveloppe dans du coton tout rose, on a un peu envie de péter les deux jambes du cadreur, qui pense visiblement que c’est une bonne idée, pendant une discussion entre Lennon et un journaliste, de ne filmer QUE la tronche du journaliste en gros plan pendant dix bonnes minutes. Sans déconner, mec. Un des trucs les plus fascinants dans ce film, c’est la possibilité de découvrir John Lennon dans son costume d’activiste, le John Lennon qui chante Give peace a chance en pyjama et en chœur avec ses fans, et toi tu me films un JOURNALISTE pendant dix minutes? Non. Non. Non.

C’est au dessinateur Al Capp que l’on doit l’une des phrases les plus badass de tout le film :

” I think everybody owe it to the world to prove they have pubic hair.”

(ce qui est fait une référence sarcastique à cette couverture) :

Parfois, les journalistes se pressent autour du lit comme des adultes autour du berceau d’un nouveau-né.

Parfois, les fans défilent dans cette chambre les bras chargés de cadeaux, comme des Rois Mages venus déposer des offrandes.

Parfois, John et Yoko s’enlacent devant les caméras et on a presque l’impression de regarder de la télé-réalité.

Parfois, il se passe aussi des choses vraiment très étranges.

À la fin, John et Yoko se lèvent, enlèvent leurs pyjamas et renfilent de vrais habits, le personnel de l’hôtel vient nettoyer la chambre, celle-ci est nettoyée, les vases de fleurs vidés. Yoko se lave les cheveux et John les lui sèche avec le séchoir de l’hôtel. Ils sortent et on a l’impression de voir des spéléologues retrouver la lumière du jour (même si on les voit aller prendre l’air dehors pendant la semaine du bed-in).

Je crois que si je passais sept jours au lit, je ne voudrais plus jamais me relever.

Je vous ai fait un très joli slideshow avec les quintillions de captures d’écran que j’ai faites pendant le film – regardez-les toutes, sinon quelque part un chaton pleurera sur l’épaule d’un chiot.

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Revue de presse #4

Cette semaine, j’ai repéré :

(pas grand-chose en réalité, j’étais très occupée à regarder de vieux épisodes de Sabrina, l’apprentie sorcière)

– la couverture du Time, qui, pour son édition du 22 août 2011, semble très, très (très) préoccupé par les émeutes londoniennes (qui sont effectivement préoccupantes – je vous rappelle que je pars à Londres pour un an dans à peu près un mois – mais de là à y voir la déclin de l’Europe, voire de l’Ouest tout entier, il y a un sacré pas à franchir)

– À propos des émeutes, les assez inévitables articles de The Economist (édition du 13 au 19 août 2011) : “Riots on Britain : Anarchy in the UK“, “Riots in England : The fire this time“, et une analyse sur la façon dont les émeutes pourraient influencer le destin politique de David Cameron, intitulée “After the inferno : The riots will change Britain politics in ways that could help David Cameron“. Assez original, un petit article sur le rôle des Blackberry dans l’affaire : “Technology and disorder : the Blackberry riots“.

– Toujours dans The Economist, un article selon lequel les politiciens, plus que les banques, pourraient secourir durablement l’économie : “Central bankers to the rescue? They can buy a little time, but the real remedy must come from Western politicians“.

La couverture de The Economist était à ce propos fort réussie

– Dans le Marianne daté du 13 au 19 août 2011, un dossier sur “La vie secrète des palaces”. C’est pas le sujet le plus novateur du siècle, en fait on a même l’impression que ça fait partie des sujets de l’été, au même titre que les quiz pour connaître sa sexualité cachée dans les féminins ou les suggestions de livres à lire sur la plage, mais que voulez-vous, dès qu’on me donne l’impression de me donner un accès pour fourrer mon nez là où normalement je ne devrais pas, je suis cliente.

Et voilà, c’est à peu près tout. Oui je sais, c’est pas beaucoup, hein. Cette semaine, en guise de repentance, je fais le vœux d’éplucher la presse à m’en délaver la cornée.


Revue de presse #3

Cette semaine, j’ai repéré :

– chez Rue89, une compilation des unes de la presse britannique à propos des émeutes londoniennes

– le Mensuel du Monde daté d’août 2011, qui fait le point sur les attaques en Norvège et sur l’affaire News of the World. Dans les deux cas, le format est particulièrement utile, parce que ce sont des sujets qui ont été traités par tellement de médias différents qu’on a facilement pu rater quelque chose.

– à propos de la Norvège, Time (édition daté du 15 août 2011) dresse un portrait glaçant d’Anders Breivik et de l’attention qu’il a voulu s’attirer en perpétrant ces attaques, intitulé He wants you to look at him (dans l’édition papier, sur Internet, un Why a été rajouté au début du titre). L’article commence par cette phrase : “The moment you began to read this story, you became part of Anders Behring Breivik’s grand, insane, murderous scheme“. Plus loin, l’auteur pose le problème : “Comment tirer les leçons du cas d’un narcissique violent sans lui donner l’attention qu’il recherche“?.

– dans The Economist (édition datée du 6 au 12 août 2011), deux articles à propos des malheurs de l’euro : The euro crisis, part 394  et Italy and the euro, rabbits in headlights

– toujours dans The Economist, deux articles qui se font écho, sur l’entrepreneuriat et les nouvelles technologies : Where’s Britain’s Bill Gates?, qui commence par une biographie fictive du Bill Gates britannique, et The high-tech industry : start me up.

– dans le Marianne daté du 6 au 12 août 2012, un article qu’il ne faut surtout pas lire si, comme moi, vous mourez de peur en avion : Les dossiers noirs d’Air France, peut-on encore avoir confiance?

– ce n’est pas vraiment de l’actu, mais ma plus grande découverte de la semaine est sans doute le site Hello Giggles, lancé en mai 2011 par Zooey Deschanel (la fille la plus cool de monde), la productrice Sophia Rossi (c’est aussi le nom d’une actrice porno, comme j’ai eu le plaisir de le découvrir en la googlant, mais on parle bien d’une personne différente – s’il vous plait, nous sommes des gens sérieux, ici), et l’auteur Molly McAleer. C’est un site collaboratif, féminin, intelligent, poétique, qui aborde des sujets très variés et qui me rappelle 1° combien j’aime l’écriture de blog, 2° comme c’est joli, parfois, d’écrire en anglais.

– et enfin, cette semaine, j’ai repéré les Elle vintage, tout droit rescapés des années 70, qu’on peut acheter à cinq euros les deux chez les bouquinistes du bord de la Seine (parce que je ne suis qu’une petite dinde qui s’extasie devant tout ce qui est rétro de près ou de loin et qui soupire en tournant les pages “Han mais regarde, même les PUBS elles étaient JOLIES” -“Oui, et les pubs aimaient bien aussi rappeler à tout bout de champ que la place des femmes est à la cuisine, alors on va se calmer, un peu.“).


Le Furby qui récitait sa prière

Je viens de faire le rêve le plus psychédélique du monde, tellement que j’envisage de vendre le scénario à David Fincher.

J’étais dans un parc d’attraction avec famille et amis. Jusque-là, ça va.

Sauf que, je vous le donne en le mille, c’était un parc d’attraction à thème religieux (catholique, plus précisément).

Y avait une attraction qui faisait très peur, où tu étais enfermé dans un bouquin géant (probablement une Bible) qui tournait comme un tambour de machine à laver (oui parce que le bouquin était dans de l’eau, aussi – ça se voit que c’était un rêve, dans la réalité ce serait pas du tout possible à concrétiser, sauf si c’était un parc d’attraction avec en plus un thème “suicide”, mais ça me semble assez peu compatible avec le thème catholique). Si je me souviens bien, le but de la manœuvre, c’était de t’apprendre que c’est mal de douter de l’existence de Dieu, ou un truc comme ça.

Alors moi, j’allais me plaindre à ma mère que c’était scandaleux et très effrayant, comme système, et (pendant que les gens qui se baladaient innocemment dans la piscine géante autour de nous à bord de petits bateaux se retrouvaient prisonniers parce que les gérants du parc avaient déclenché des espèces de petits tourbillons pour que leurs barques tournent indéfiniment en rond) on est allées faire un tour (sur la terre ferme) pour se détendre.

On s’est arrêtées dans une boutique, et y avait des Furbies. Pour ceux qui ne s’en souviendraient pas, un Furby, dans les années 90, c’était ça :

Concrètement, c’était une espèce de peluche électronique qui se réveillait dès que tu la bougeais (c’était super pratique) ou que tu lui chatouillais le ventre, que tu nourrissais en lui introduisant ton doigt dans la bouche (qu’il avait en plastique) (en y réfléchissant, c’est un peu limite, comme truc, je vois pas bien ce que ça venait foutre dans un parc d’attraction catholique), qui baragouinait un langage de son cru, et qui était censé évoluer à mesure que tu jouais avec lui, mais franchement, le mien, à part me dire qu’il s’appelait Mimi (ou plutôt MeeMee, ne pas oublier que les Furbies sont des kikoos) et lâcher des flatulences quand je lui filais un peu trop à béqueter, il n’a jamais vraiment décollé d’un point de vue intellectuel (c’était pourtant pas faute de m’en occuper et de le couvrir d’amour).

(Je viens de trouver une image de l’intérieur d’un Furby, ça fait SUPER PEUR, rien qu’à ça ça se voit que c’est des créatures du démon)

Des années plus tard, j’ai découvert sur Internet comment faire pour jouer avec un Furby, par exemple en faisant une partie de cache-cache avec lui, mais ça nécessite des capacités de décodage du langage Furby telles que même un cryptographe averti comme Julian Assange n’y serait pas arrivé, alors comment vouliez-vous que des gamins de huit ans s’y retrouvent?

(Apparemment, il suffisait de lire le mode d’emploi, où tout est expliqué bien comme il faut. Oh, well.)

Bref. Revenons-en aux Furbies de mon rêve, qui dépassaient tout ce que les versions commercialisées ont pu accomplir dans le monde réel.

(et là, Dumbledore se racle la gorge et rappelle d’un ton désapprobateur ce qu’il a dit dans le tome 7 de Harry Potter : “Of course it is happening in your head, Mercy, but why on earth should that mean that it is not real?).

Dans mon rêve, donc, ma mère et moi on s’est arrêtées devant les Furbies, et on a commencé à faire ce que les gens normaux font devant un Furby (quoique, peut-être que ce que les gens normaux font devant un Furby, c’est passer leur chemin, mais NOUS NE SOMMES PAS COMME ÇA) : on leur a chatouillé le ventre et on a attendu de voir ce qu’ils avaient à nous dire.

Déjà, les Furbies du parc d’attraction catholique, ils avaient des petites mains, mais surtout, ils avaient des griffes (roses, dans le cas du mien) qui sortaient dès qu’on leur patouillait le ventre. Si ça c’est pas badass.

"PLAGIAAAAAAAT!!!"

Mais, là où ça devient vraiment fort de café, c’est que les Furbies édition spéciale parc d’attraction catholique, ils disaient la prière. Apparemment, je trouvais ça parfaitement logique, puisqu’après avoir chatouillé du Furby pendant cinq minutes, je disais à ma mère :

“Et ils disent pas la prière, ou quelque chose?”

Alors elle attrapait les deux mains du Furby, un peu comme pour dire un Notre Père, mais pas vraiment, et là, le Furby se mettait à exprimer sa reconnaissance pour la journée passée, et à remercier des gens.

(Vu comme ça, ça fait plus discours de remerciement aux Oscars que prière, mais je vous jure  que c’était hyper mystique).

Alors, les images se sont mises à tournoyer, et je me suis réveillée.

Le pire dans tout ça, c’est que je suis sûre que, quelque part aux États-Unis, un parc d’attraction religieux existe vraiment.

(J’ai trouvé ! Y’en a un en Floride, à Orlando, et y a même un mec déguisé en JÉSUS : http://www.holylandexperience.com/ )